Une "ouverture complète" qui ne se vérifie pas sur le terrain
Trump avait annoncé une "ouverture complète" du détroit d'Ormuz dans la foulée du cessez-le-feu conclu avec l'Iran. Les faits racontent une autre histoire. Seulement 3 à 4 navires auraient transité dans le détroit lors de la première journée suivant l'accord, contre une moyenne habituelle de 3 800 navires par mois. La plateforme de prédiction Polymarket anticipe entre 20 et 40 navires d'ici la fin du mois d'avril, un chiffre qui reste très loin d'un retour à la normale.
La raison de ce blocage est connue : l'Iran aurait informé les médiateurs de son intention de limiter le passage à environ 12 navires par jour et d'imposer des péages sur le transit. Washington a publiquement rejeté cette proposition. En réponse, Trump a confirmé que les forces américaines resteraient positionnées dans la région tant qu'un "vrai accord" n'est pas signé, assortissant cette déclaration d'une menace directe en cas de non-respect des termes négociés.
Le marché pétrolier a immédiatement intégré ces incertitudes : le baril de WTI est repassé au-dessus des 98 dollars.
Téhéran monte au créneau sur les violations du cadre de négociation
Du côté iranien, le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf a publié une déclaration accusant les États-Unis et Israël d'avoir déjà violé trois des dix clauses du cadre de négociation en vigueur. Il cite l'absence de cessez-le-feu au Liban, l'intrusion d'un drone dans l'espace aérien iranien, et le refus américain de reconnaître le droit de l'Iran à l'enrichissement nucléaire.
Ces accusations illustrent la fragilité structurelle de l'accord. Les deux parties interprètent différemment les obligations qui en découlent, et chaque incident devient un prétexte à escalade rhétorique. Dans ce contexte, la question n'est plus de savoir si le détroit va rouvrir normalement, mais à quel rythme et sous quelles conditions politiques les flux commerciaux pourront reprendre. Tant que le volet nucléaire reste non résolu, le détroit d'Ormuz demeure un levier de pression que Téhéran n'entend pas abandonner.



