La thèse macro de Warsh : l'IA comme déflateur structurel
Kevin Warsh, pressenti pour succéder à Jerome Powell à la tête de la Réserve fédérale américaine, a exposé sa lecture macroéconomique dans une interview remarquée. Son argument central : l'intelligence artificielle est en train de comprimer le coût de production dans presque tous les secteurs de l'économie. Selon lui, nous ne sommes qu'au tout début d'un cycle de gains de productivité massifs, et la croissance qui en découlera ne sera pas inflationniste, contrairement aux cycles précédents.
Cette lecture tranche avec le consensus actuel. La plupart des modèles utilisés par la Fed intègrent une relation historique entre croissance et inflation. Si Warsh a raison, ces modèles sous-estiment structurellement la capacité de l'économie à croître sans surchauffe des prix.
Ce que cela implique pour la politique monétaire
Warsh identifie un risque institutionnel précis : si la Fed reste ancrée sur des cadres d'analyse dépassés, elle pourrait maintenir des taux trop élevés trop longtemps, freinant inutilement l'activité économique au moment même où un nouveau régime de croissance s'installe.
La conséquence directe de cette thèse est lisible sur les marchés. Si le prochain président de la Fed adopte cette grille de lecture dès sa prise de fonction, le calendrier des baisses de taux pourrait être avancé de manière significative par rapport à ce que les marchés anticipent aujourd'hui. Les actifs sensibles aux taux, dont les cryptomonnaies, seraient directement concernés par un tel pivot de doctrine.
Pour France Cryptos, c'est précisément ce type de repositionnement intellectuel au sommet des banques centrales qui mérite d'être suivi de près. Un changement de paradigme à la Fed ne se lit pas d'abord dans les décisions de taux, mais dans les discours de ceux qui s'apprêtent à les prendre.




