La menace quantique sur les adresses Bitcoin exposées Un ordinateur quantique suffisamment puissant serait capable de dériver les clés privées de toutes les adresses Bitcoin dont la clé publique est déjà visible sur la blockchain. Le risque est concret : des centaines de milliards de dollars pourraient être compromis, dont les wallets attribués à Satoshi Nakamoto, qui représentent à eux seuls environ 1,1 million de BTC. Au total, ce sont près de 75 milliards de dollars de Bitcoin dormants qui sont potentiellement exposés. Le BIP-361 constitue la réponse la plus directe à ce risque. Il propose un soft fork pour geler préventivement ces adresses avant l'arrivée d'ordinateurs cryptographiquement pertinents. Mais cette approche comporte un défaut majeur : elle contraindrait les détenteurs concernés à déplacer publiquement leurs fonds, révélant ainsi leur identité et leurs habitudes onchain. ## PACT : une troisième voie discrète et sans friction La proposition PACT, formulée par Dan Robinson, contourne ce dilemme. Le mécanisme repose sur trois étapes. Le détenteur génère d'abord une preuve cryptographique secrète attestant qu'il contrôle son adresse, mélangée à un nombre aléatoire pour rester totalement opaque. Cette preuve est ensuite horodatée gratuitement sur Bitcoin via OpenTimestamps, sans aucune transaction onchain. Enfin, si les adresses concernées venaient à être gelées, une preuve STARK post-quantique permettrait de débloquer et de dépenser les fonds. L'intérêt du dispositif est triple. Il ne génère aucun coût pour l'utilisateur, ne produit aucun signal public détectable sur la chaîne, et préserve la confidentialité des détenteurs. Le cas de Satoshi illustre bien l'enjeu : PACT lui permettrait théoriquement de sécuriser ses coins sans avoir à démontrer publiquement qu'il est encore actif, voire encore en vie. La proposition reste à ce stade une piste de réflexion dans l'écosystème Bitcoin, mais elle cristallise un débat de fond : comment adapter un protocole conçu pour l'immuabilité à des menaces cryptographiques qui n'existaient pas à sa création, sans sacrifier la vie privée de ses utilisateurs.