Fink mise sur la tokenisation pour réformer la détention de titres Larry Fink, PDG de BlackRock, a pris position publiquement en faveur d'une approbation rapide par la Securities and Exchange Commission de la tokenisation des obligations et des actions. Son argument central repose sur une promesse technique concrète : inscrire chaque titre sur une blockchain permettrait d'identifier directement et en permanence l'ensemble des détenteurs, sans recourir à la chaîne d'intermédiaires qui structure aujourd'hui les marchés financiers traditionnels. Cette traçabilité on-chain changerait en profondeur le fonctionnement du vote en assemblée générale. Actuellement, les grands gestionnaires d'actifs comme BlackRock exercent leur droit de vote par procuration au nom de leurs clients, un mécanisme coûteux et opaque. Avec la tokenisation, chaque actionnaire officiel serait informé et consulté directement, rendant le vote par procuration obsolète. ## Des coûts réduits, un argument pour convaincre régulateurs et investisseurs Fink avance également un argument économique destiné à séduire aussi bien les régulateurs que les investisseurs de détail. La suppression des intermédiaires dans la chaîne de détention, de conservation et de règlement des titres devrait, selon lui, abaisser significativement le coût de détention pour les particuliers comme pour les institutions. Cet argumentaire s'inscrit dans une stratégie plus large de BlackRock, qui positionne la tokenisation des actifs réels comme un chantier prioritaire. En ciblant explicitement la SEC, Fink cherche à accélérer un cadre réglementaire qui tarde à se formaliser aux États-Unis, alors que plusieurs initiatives de tokenisation obligataire et actions se développent déjà en dehors du territoire américain. La question qui reste ouverte est celle du calendrier : la SEC, sous pression de l'industrie financière traditionnelle autant que du secteur crypto, n'a pas encore signalé de position claire sur un régime adapté à ces nouveaux instruments.