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Crise alimentaire mondiale : l'urée a chuté de 850 à 392 dollars la tonne, mais l'ammoniac anhydre reste sous tension
Illustration : Brad Helmink via Unsplash

Crise alimentaire mondiale : l'urée a chuté de 850 à 392 dollars la tonne, mais l'ammoniac anhydre reste sous tension

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Un choc réel, largement résorbé depuis avril

La fermeture du détroit d'Ormuz le 28 février a créé un choc d'approvisionnement mesurable : le Golfe concentre 36% des exportations mondiales d'urée et 29% de l'ammoniac. La réaction des marchés a été immédiate. L'urée a dépassé 850 dollars la tonne en avril, soit une hausse de 80% depuis février.

Depuis, la situation s'est normalisée plus vite que les manchettes ne le laissaient entendre. Mi-août, l'urée Moyen-Orient est retombée autour de 392 dollars la tonne. L'indice FAO de juillet s'établit à 131,1, en hausse de seulement 1% sur un an et 18% sous le pic de 2022. Côté trafic maritime, le mémorandum du 17 juin a permis une réouverture partielle d'Ormuz : 84 transits ont été enregistrés la semaine du 27 juillet, contre 45 la semaine précédente. Le choc initial s'est donc largement résorbé.

L'ammoniac anhydre, le vrai point de tension

Derrière la normalisation de l'urée se cache une pression persistante sur un autre intrant agricole. L'ammoniac anhydre affiche une hausse de 27% sur un an du côté des agriculteurs américains. Contrairement à l'urée, dont les prix ont reflué avec la réouverture partielle du détroit, l'ammoniac anhydre reste sous tension structurelle.

Cette distinction importe. L'urée et l'ammoniac anhydre sont tous deux des engrais azotés, mais leurs chaînes d'approvisionnement et leurs usages diffèrent. Une pression durable sur l'ammoniac anhydre pèse directement sur les coûts de production agricole américains, avec des répercussions potentielles sur les prix alimentaires en aval, indépendamment de l'évolution du trafic à Ormuz.

Les marchés de prédiction suivent de près la trajectoire du trafic maritime dans le détroit, avec des questions ouvertes sur un retour à la normale d'ici fin août ou fin septembre. Ces indicateurs suggèrent que l'incertitude logistique n'est pas encore levée, même si le pire scénario d'une fermeture prolongée ne s'est pas matérialisé.

Pourquoi c'est important pour vos actifs

Selon nos modèles de corrélation historique, une tension géopolitique majeure pousse d'abord les investisseurs vers l'or et fait grimper le pétrole quand l'approvisionnement est menacé. Les actions et, avec retard, le Bitcoin réagissent plutôt comme des actifs risqués et ne décrochent qu'après plusieurs semaines de stress soutenu. La nuance est contre-intuitive mais documentée : lors d'une crise prolongée, l'or peut lui-même reculer, submergé par des ventes forcées sur d'autres marchés. Le réflexe « tension géopolitique égale or en hausse » ne vaut que sur les chocs courts. Ici, la résolution partielle d'Ormuz a limité la durée du stress, ce qui réduit mécaniquement l'exposition des actifs risqués à un décrochage prolongé.

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