Une décision judiciaire aux proportions budgétaires inédites
Le 20 février 2026, la Cour suprême des États-Unis a tranché à six voix contre trois : les tarifs douaniers imposés par Donald Trump au titre de l'IEEPA (International Emergency Economic Powers Act) sont illégaux. La décision, rapportée par CNBC, a immédiatement déclenché une procédure de remboursement massif en faveur des entreprises importatrices qui avaient acquitté ces droits.
Ces tarifs, présentés lors d'une conférence de presse restée dans les mémoires avec le tableau des "Reciprocal Tariffs", frappaient des dizaines de partenaires commerciaux à des taux allant de 10% pour le Royaume-Uni à 34% pour la Chine, 20% pour l'Union européenne ou encore 46% pour le Vietnam. Ils avaient rapporté plus de 160 milliards de dollars à l'État fédéral avant d'être annulés.
81 milliards remboursés et le compteur tourne
Depuis l'ouverture de l'exercice budgétaire en octobre 2025, les remboursements atteignent déjà 81 milliards de dollars. C'est considérable, mais ce n'est qu'une partie de l'addition. Le Penn Wharton Budget Model estimait, au lendemain du jugement, que le total des remboursements possibles pourrait s'élever à 175 milliards de dollars, tandis que les projections citées dans le tweet portent ce plafond à 182 milliards.
L'écart entre les 81 milliards déjà versés et l'enveloppe maximale signale que le Trésor américain n'a pas encore soldé l'ensemble des créances. Des milliers d'entreprises importatrices, qui avaient payé des droits sur des marchandises en provenance d'Asie, d'Europe ou d'Amérique latine, attendent encore leur dû. La procédure de remboursement, gérée par les douanes américaines (CBP), mobilise des ressources administratives sans précédent.
Pourquoi c'est important pour vos actifs
Un choc budgétaire de cette ampleur pèse d'abord sur le dollar et les taux longs américains, deux variables que nos modèles de corrélation historique associent à des mouvements défensifs : les investisseurs tendent à se repositionner vers l'or dans un premier temps. Bitcoin et les actions réagissent plutôt comme des actifs risqués et n'accusent le coup qu'après plusieurs semaines de stress soutenu. Nuance importante : lors d'une crise prolongée, l'or peut lui-même reculer sous l'effet de ventes forcées ailleurs. Le réflexe "incertitude = or monte" ne vaut que sur les chocs courts. Aucun de ces mécanismes ne constitue un conseil d'achat ou de vente.










