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Effet de disposition sur le CAC 40 : les particuliers français vendent leurs gagnants et gardent leurs perdants, selon l'AMF

Effet de disposition sur le CAC 40 : les particuliers français vendent leurs gagnants et gardent leurs perdants, selon l'AMF

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Vendre ses gagnants, garder ses perdants : un biais documenté

L'AMF a publié le 15 juillet 2026 une étude sur les comportements des investisseurs particuliers sur les valeurs du CAC 40, couvrant les transactions réalisées entre janvier et novembre 2024. Le constat est net : quand un titre monte, les particuliers vendent. Quand il baisse, ils achètent.

En termes quantitatifs, une hausse des rendements d'un point de pourcentage entraîne une baisse de 9% des opérations d'achat le jour même et une baisse de 8,6% du nombre de titres achetés. Dans le même temps, les opérations de vente progressent de 7,3%, avec un peu plus de 8,7% de titres additionnels cédés. Le lendemain, l'effet persiste : les achats reculent encore de 3,3% et les ventes augmentent de 2%.

Ce comportement est l'exact inverse de ce que recommande la gestion de portefeuille classique, qui consiste à laisser courir ses positions gagnantes et à couper ses pertes. La finance comportementale désigne ce réflexe sous le nom d'effet de disposition : l'investisseur ressent la douleur d'une perte plus intensément que le plaisir d'un gain équivalent, ce qui le pousse à cristalliser ses plus-values trop tôt et à conserver ses lignes perdantes dans l'espoir d'un rebond.

Les jeunes investisseurs, amplificateurs du phénomène

L'étude AMF va au-delà du seul biais comportemental. Elle examine aussi l'influence des réseaux sociaux sur ces décisions. Selon le Baromètre AMF de décembre 2025, 12% des investisseurs français consultent les publications d'établissements financiers sur les réseaux sociaux avant d'investir. Chez les 18-24 ans, cette proportion monte à 41%, d'après une étude OCDE citée par l'AMF.

Cette exposition aux réseaux sociaux a un effet mesurable sur l'activité de trading. Quand le volume de messages sur X augmente autour d'un titre, l'activité des jeunes investisseurs et des clients de néo-brokers s'emballe deux fois plus que celle des autres catégories d'investisseurs. Un profil qui cumule donc deux facteurs de risque : le biais de disposition et une sensibilité accrue aux signaux de court terme diffusés en ligne.

Pour les régulateurs, ce double constat pose une question concrète de protection des épargnants. L'effet de disposition érode mécaniquement la performance à long terme : en vendant systématiquement les titres qui montent, les particuliers se privent des plus-values les plus importantes, celles qui se construisent dans la durée.

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