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erable° : +45 % de levées en 2025 et un premier semestre 2026 déjà au-dessus
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erable° : +45 % de levées en 2025 et un premier semestre 2026 déjà au-dessus

Publié par le 8 min de lecture
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erable° est une plateforme française de financement d'entreprises positionnée sur l'investissement à impact : elle dit orienter l'épargne vers ce qu'elle appelle la transition écologique et sociale. Son modèle repose sur le partage des revenus : l'investisseur reçoit un pourcentage des revenus des sociétés qu'il finance, et son rendement suit donc leur activité. La société revendique sur son site 20 millions d'euros levés, plus de 11 000 investisseurs et plus de 300 projets soutenus. Elle a repris en avril 2024 la fintech nantaise WE DO GOOD, spécialisée dans le même modèle.

erable° a ensuite entièrement refait sa plateforme jusqu'en septembre 2025, plutôt que de pousser ses volumes. Les chiffres que son dirigeant avance pour le premier semestre 2026 disent ce que cette bascule a produit : plus de 3 000 dossiers reçus depuis la reprise, 39 retenus, et des montants levés qui dépassent déjà ceux de toute l'année précédente.

Entretien avec Yannis Baala, CEO d'erable°. Propos recueillis par écrit, questions de la rédaction.

« Nous avons d'abord construit l'infrastructure. Aujourd'hui rentable, nous changeons désormais d'échelle »

Yannis Baala, CEO d'erable°

Yannis Baala

CEO d'erable°

Photo erable°

erable° connaît une forte accélération depuis 2025. Que s'est-il passé ?

Il faut revenir à la décision que nous avons prise lors de la reprise de WE DO GOOD en avril 2024. Nous avions la conviction qu'il existait une vraie opportunité de construire un acteur de référence du financement alternatif, mais qu'il fallait pour cela revoir en profondeur notre infrastructure.

Nous avons donc fait un choix assez radical : investir d'abord dans la technologie et dans les processus plutôt que de chercher à accélérer artificiellement les volumes. Entre avril 2024 et septembre 2025, nous avons entièrement refait notre plateforme.

C'était une étape fondamentale. Une plateforme d'investissement ne peut pas réellement changer d'échelle si ses processus de sourcing, d'analyse, de sélection et de suivi reposent encore largement sur des opérations manuelles.

Aujourd'hui, nous voyons concrètement les effets de ce travail. En 2025, nous avons levé 45 % de plus qu'en 2024. Et au premier semestre 2026, nous avons déjà dépassé de 8 % le montant levé sur l'ensemble de 2025. Pour nous, le plus intéressant n'est pas uniquement la croissance des montants. C'est ce qu'elle dit de l'infrastructure que nous avons construite.

La refonte de la plateforme a également fait exploser le nombre de dossiers reçus

Oui, et c'est probablement l'un des indicateurs les plus révélateurs. Depuis avril 2024, nous avons reçu plus de 3 000 dossiers. Et plus de 1 500 d'entre eux, soit la moitié du total, sont arrivés depuis septembre 2025, date du lancement de notre nouvelle plateforme.

Cela signifie que nous sommes désormais capables d'absorber un volume d'opportunités considérablement supérieur à ce que nous pouvions traiter auparavant. Mais recevoir davantage de dossiers n'a de valeur que si l'on est capable de les analyser correctement. C'est précisément là que l'automatisation devient stratégique.

Sur ces plus de 3 000 opportunités reçues depuis la reprise, 39 ont finalement été sélectionnées pour une levée. Cela représente environ 2,6 % des dossiers. Notre enjeu n'est donc absolument pas de financer le plus grand nombre de projets possible. Notre enjeu est de disposer d'un funnel suffisamment large pour pouvoir être extrêmement sélectifs.

2,6 % de dossiers retenus : est-ce une volonté de renforcer fortement la sélectivité ?

Absolument. Dans notre métier, la qualité du sourcing est évidemment importante, mais la qualité de la sélection l'est encore davantage.

Quand on reçoit quelques dizaines de dossiers, on peut théoriquement tout analyser manuellement. Quand on commence à en recevoir plusieurs milliers, ce modèle ne fonctionne plus.

Nous avons donc automatisé une partie importante du processus de qualification et de sélection. Cela permet à nos équipes de consacrer davantage de temps aux dossiers qui présentent réellement un intérêt, plutôt que de perdre de l'énergie sur des opportunités qui ne correspondent pas à nos critères.

L'automatisation ne remplace pas la décision d'investissement. Elle permet aux équipes de prendre de meilleures décisions en leur donnant les bons éléments au bon moment.

C'est une distinction importante : notre ambition n'est pas de transformer l'investissement en algorithme. Nous voulons utiliser la technologie pour augmenter la capacité d'analyse humaine.

Quel est aujourd'hui le positionnement d'erable° ?

Aujourd'hui, nous ne sommes plus une entreprise juste du web3 : nous voulons construire un acteur capable de rapprocher trois mondes qui restent encore trop souvent séparés : les entreprises qui ont besoin de financement, les investisseurs qui cherchent des opportunités et la technologie qui permet de rendre cette rencontre beaucoup plus efficace.

Nous sommes particulièrement intéressés par l'économie réelle et par des entreprises capables de démontrer concrètement leur activité, leur modèle économique et leur impact.

Cela rejoint d'ailleurs une conviction que je porte depuis longtemps : l'investissement responsable ne doit pas être uniquement une question de promesses ou de labels. Les investisseurs veulent pouvoir comprendre ce qu'ils financent.

Nous avons donc cherché à construire un modèle dans lequel le financement est plus concret, plus lisible et plus directement connecté à l'activité des entreprises.

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Vous insistez sur la technologie. erable° devient-elle avant tout une entreprise technologique ?

Je dirais plutôt que nous devenons une entreprise de services liés au financement qui utilise pleinement la technologie, avec des modèles blockchain (tokens non-fongibles ; NFT) par le passé et de flux de revenue-sharing automatisés aujourd'hui. Notre métier reste un métier financier. Il nécessite de comprendre les entreprises, leurs modèles économiques, leurs risques et leurs perspectives. Mais la technologie change profondément la manière dont on peut exercer ce métier.

Aujourd'hui, nous pouvons recevoir des milliers d'opportunités, structurer leurs données, automatiser certaines étapes de qualification et identifier beaucoup plus rapidement les dossiers qui méritent une analyse approfondie.

Demain, cela permettra également d'aller beaucoup plus loin dans le suivi des entreprises financées, dans l'analyse des données et dans la relation avec les investisseurs.

La technologie n'est donc pas notre finalité. C'est notre infrastructure de passage à l'échelle.

Qu'est-ce qui vous paraît le plus important dans les résultats du premier semestre 2026 ?

Le fait que la croissance soit désormais alimentée par plusieurs moteurs simultanément. Nous avons davantage de dossiers, une plateforme beaucoup plus performante, une sélection plus automatisée et une capacité de traitement supérieure. Et surtout, nous avons démontré que cette infrastructure pouvait produire des résultats commerciaux.

Dépasser en six mois le volume de levées réalisé sur toute l'année précédente est évidemment un signal très positif. Mais je préfère regarder cette performance comme une première étape.

Nous sommes encore dans une phase de construction.

Quel est justement le prochain chapitre pour erable° ?

Le prochain chapitre, c'est le changement d'échelle. Nous avons passé une première phase à reconstruire l'outil, les process et l'organisation. Nous sommes désormais dans une phase où nous pouvons capitaliser sur cette infrastructure.

Cela signifie continuer à augmenter la qualité et le volume de notre sourcing, améliorer encore notre capacité de sélection et développer de nouveaux services autour de l'investissement.

Nous voulons également continuer à travailler sur l'expérience des investisseurs. Il ne suffit pas de leur donner accès à davantage d'opportunités. Il faut leur permettre de mieux comprendre ces opportunités, de mieux mesurer les risques et de suivre dans le temps les projets qu'ils financent. C'est un chantier important pour les prochains mois.

Vous vous êtes entourés d'advisors. Quel rôle jouent-ils dans cette nouvelle étape ?

Nous avons fait le choix de nous entourer de personnes de confiance avec qui nous avons des liens depuis des années. Parmi eux, Adrien Hubert (cofondateur d'erable°), Serge Balatre ou encore les équipes de Regenerative Ltd et de Moonside. Ils sont venus appuyer notre équipe qui réunit une dizaine de profils très complémentaires.

Si vous deviez résumer la trajectoire d'erable° depuis 2024 en une phrase ?

Je dirais : nous avons arrêté de penser uniquement en termes de volume pour commencer à penser en termes d'infrastructure.

Les chiffres de levée sont importants, bien sûr. Mais derrière les +45 % de 2025, les +8 % du premier semestre 2026 et les milliers de dossiers reçus, il y a surtout une transformation beaucoup plus profonde.

Nous avons construit une machine capable de traiter davantage d'opportunités, de sélectionner plus efficacement et de financer les meilleurs projets. Maintenant, notre ambition est simple : faire fonctionner cette machine à grande échelle.

Pourquoi c'est important

Pour un particulier qui envisage ce type de placement, le ratio revendiqué ici est l'indicateur à regarder en premier : 39 dossiers retenus sur plus de 3 000 reçus. Il dit combien de projets passent le filtre, pas combien d'argent circule. Un taux de sélection qui remonterait en même temps que les volumes serait le signal inverse.

Le passage revendiqué des modèles à jetons vers des flux de revenus automatisés dit autre chose. erable° cherche désormais sa légitimité du côté de l'économie réelle et de flux mesurables, pas de la promesse technologique.

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