Points clés
- En France, il faut 25 heures de travail pour accumuler 1 000 dollars, selon les données OCDE 2025.
- La France se classe 19e sur 34 pays membres, à égalité avec le Canada et la Slovénie.
- L'Allemagne n'a besoin que de 17 heures, la Suisse de 16, le Luxembourg de 15, l'Islande de 14.
- À l'opposé, le Mexique cumule 90 heures, la Grèce 58, la Tchéquie 42.
- Les États-Unis se situent à 21 heures, soit quatre heures de moins que la France.
La France dans le ventre mou du classement OCDE
Selon les données OCDE 2025 relayées par Globalstats, un salarié français doit travailler 25 heures pour accumuler l'équivalent de 1 000 dollars. Ce chiffre place la France au 19e rang sur 34 pays membres, à égalité avec le Canada et la Slovénie, derrière la quasi-totalité de ses voisins d'Europe occidentale. La Finlande fait légèrement mieux avec 24 heures, tandis que l'Irlande, la Suède, le Royaume-Uni et l'Australie s'en tirent en 23 heures chacune.
L'écart avec les économies voisines les plus productives est net et difficile à minimiser. L'Allemagne n'a besoin que de 17 heures, la Suisse de 16, le Luxembourg de 15. L'Islande ferme le classement par le bas avec 14 heures, soit le pays où 1 000 dollars s'acquièrent le plus vite parmi les 34 membres de l'OCDE recensés. À l'opposé, le Mexique cumule 90 heures, la Grèce 58, la République slovaque et la Hongrie 43 chacune, la Tchéquie 42.
Ces écarts ne sont pas anecdotiques. Entre la France à 25 heures et l'Allemagne à 17 heures, la différence représente près de deux journées de travail supplémentaires pour atteindre le même seuil en dollars. Entre la France et le Luxembourg, l'écart monte à dix heures, soit plus d'une journée entière de labeur en plus pour un salarié français.
Ce que révèle le classement pays par pays
Le tableau complet dessine deux blocs distincts. D'un côté, les économies d'Europe du Nord et de l'Ouest : Pays-Bas, Danemark, Autriche, Norvège, Belgique, toutes sous la barre des 20 heures. La Belgique se situe exactement à 20 heures, la Norvège à 19, l'Autriche et les Pays-Bas à 18, le Danemark à 18 également. De l'autre côté, les économies d'Europe du Sud et de l'Est affichent des chiffres nettement plus élevés : Portugal à 39 heures, Estonie à 39 heures, Pologne à 36 heures, Lettonie à 36 heures, Italie à 32 heures, Espagne à 28 heures, Lituanie à 29 heures.
La France se retrouve dans une position intermédiaire inconfortable : trop loin des champions de productivité salariale pour figurer dans le premier groupe, mais suffisamment au-dessus des économies en bas de tableau pour ne pas être reléguée parmi les derniers. Israël se classe à 33 heures, le Japon à 32 heures, la Corée à 30 heures, la Nouvelle-Zélande à 28 heures. La France devance donc ces pays, mais reste distancée par la plupart de ses partenaires d'Europe occidentale.
Les États-Unis, souvent cités comme référence de dynamisme économique, se situent à 21 heures, soit quatre heures de moins que la France. La Slovénie, économie bien plus petite, affiche exactement le même score de 25 heures que la France, ce qui illustre la diversité des situations regroupées dans cette tranche médiane du classement.
Ces estimations reposent sur les salaires moyens ou minimums rapportés en dollars courants : elles mesurent donc à la fois le niveau de rémunération et le pouvoir d'achat en devise américaine, deux variables que le taux de change EUR/USD influence directement. Un euro fort réduit mécaniquement le nombre d'heures nécessaires pour atteindre 1 000 dollars ; un euro faible l'alourdit. Le classement reflète ainsi autant la structure salariale de chaque pays que les fluctuations monétaires de l'année de référence, ce qui invite à lire ces chiffres comme un instantané plutôt que comme une mesure figée de la productivité nationale.
Pour aller plus loin sur la question du pouvoir d'achat salarial en France, lire aussi : Le travail ne paie plus : les Français entre désillusion et paradoxe.








