Pékin au plus bas depuis la crise de 2008
Les données publiées par le Trésor américain sont sans ambiguïté : la Chine ne détenait plus que 633 milliards de dollars de titres souverains américains en juin, son niveau le plus faible depuis septembre 2008. Ce mouvement ne s'inscrit pas dans un repli isolé. Sur quatre mois, le stock total de dette américaine détenu hors des États-Unis a reculé de 190 milliards de dollars, dont 72 milliards sur le seul mois de juin, pour s'établir à 9 300 milliards.
Le graphique du Trésor américain, relayé par WolffStreet.com, illustre la divergence entre détenteurs privés étrangers et officiels : la courbe bleue représentant les entités officielles marque un décrochage visible sur la période fin 2025 / début 2026, encadré dans l'image source.
Tokyo et les banques centrales dans le même mouvement
Le Japon, premier créancier étranger des États-Unis, n'échappe pas à la tendance. Tokyo a allégé son portefeuille de 26 milliards de dollars en juin, soit exactement le même montant que Pékin. Deux des plus grands détenteurs souverains de bons du Trésor réduisent donc leur exposition de façon synchrone.
Plus significatif encore : les détenteurs officiels, banques centrales en tête, ont collectivement cédé 70 milliards de dollars sur le seul mois de juin. Ce désengagement des acteurs institutionnels souverains déplace mécaniquement la charge du financement du déficit américain vers les acheteurs domestiques. Le Trésor dépend ainsi davantage des fonds de pension, des assureurs et des ménages américains pour absorber ses émissions, une dynamique qui modifie la structure de la demande sur le marché obligataire américain.
Pourquoi c'est important pour vos actifs
Le dollar index (DXY) est exposé indirectement à cette dynamique : un retrait coordonné des banques centrales étrangères sur les bons du Trésor pèse sur la demande structurelle de dollars, ce qui peut affaiblir le billet vert à moyen terme. Or un dollar plus faible constitue historiquement un contexte favorable aux actifs alternatifs, dont les cryptomonnaies.
Par ailleurs, selon les marchés de prédiction, la probabilité d'un accord tarifaire entre Washington et Pékin d'ici fin 2026 est cotée à 89%. Si cette normalisation commerciale se concrétise, elle pourrait ralentir, voire inverser, la tendance au désengagement chinois sur la dette américaine. En attendant, la troisième baisse mensuelle en quatre mois confirme que la diversification des réserves souveraines hors bons du Trésor américains est un mouvement de fond, pas une anomalie ponctuelle.











