Un timing qui interroge les autorités
Le scénario se répète avec une régularité troublante. Selon ABC News, des autorités américaines ont ouvert une enquête sur au moins quatre opérations de vente à découvert sur le pétrole, toutes passées quelques minutes avant des annonces majeures de Donald Trump sur le dossier iranien. Le total des gains cumulés dépasse 2,6 milliards de dollars.
Le cas le plus frappant date du 6 mai 2026. Un trader prend une position short de 920 millions de dollars sur le pétrole. Soixante-dix minutes plus tard, Axios révèle que Washington et Téhéran s'approchent d'un accord. Le baril dévisse de 12 %. Résultat : 125 millions de dollars de profit en moins de deux heures, sur une seule position.
Ce n'est pas un incident isolé. Les enquêteurs relèvent que le schéma colle avec presque toutes les annonces significatives du conflit, en variant la taille des positions et le timing d'entrée, mais en se retrouvant systématiquement du bon côté du marché.
Insider trading ou coïncidence ? La question reste ouverte
Prudence s'impose. Aucune preuve formelle d'insider trading n'est établie à ce stade, et l'identité des traders demeure inconnue. La répétition du schéma suffit néanmoins à justifier l'ouverture d'une enquête formelle.
L'insider trading sur les marchés de matières premières repose sur un principe simple : si un opérateur dispose d'informations non publiques sur un événement géopolitique susceptible de faire bouger les prix, et qu'il en tire profit avant la divulgation, il s'expose à des poursuites lourdes aux États-Unis. La CFTC et le DOJ sont les régulateurs naturellement compétents sur ce type de dossier.
Ce que les chiffres révèlent, c'est une asymétrie d'information potentiellement massive. Prendre une position de 920 millions de dollars sur un actif aussi volatile que le pétrole brut, 70 minutes avant une fuite diplomatique majeure, relève soit d'une intuition extraordinaire, soit d'autre chose. Les autorités penchent visiblement pour la seconde hypothèse.





