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RealT engage sa liquidation volontaire : près de 14 000 investisseurs français exposés à des pertes incertaines

RealT engage sa liquidation volontaire : près de 14 000 investisseurs français exposés à des pertes incertaines

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Une annonce sans mail ni communiqué officiel

C'est lors d'un appel communautaire sur YouTube, visiblement tendu, que Jean-Marc Jacobson, co-fondateur de RealT, a annoncé le 2 juillet 2026 la liquidation volontaire de la plateforme. Aucun mail formel n'a été envoyé aux investisseurs, aucun bandeau n'est apparu sur le site officiel. Chaque actif sera vendu, à commencer par Detroit, où se concentrent 83 % des propriétés du portefeuille.

Fondée en 2019, RealT s'était imposée comme une référence des Real World Assets tokenisés. Son modèle reposait sur des LLC américaines détenant chacune un bien immobilier, dont les parts étaient fractionnées en tokens ERC-20. Les détenteurs percevaient une fraction des loyers en USDC, pour un ticket d'entrée de 50 à 100 dollars. Des rendements présentés au-delà de 10 % annualisés, qui ont attiré environ 22 000 clients dans le monde, dont près de 14 000 Français.

Detroit, épicentre de la crise

Depuis juillet 2025, la ville de Detroit poursuit RealT pour violations du code immobilier et arriérés d'impôts sur près de 408 propriétés. La situation s'est dégradée au point qu'en avril 2026, un fiduciaire indépendant, Charles Bullock, a été nommé pour gérer l'ensemble du portefeuille, soit quelque 700 biens, selon Cryptoast. Les loyers ont été stoppés depuis plusieurs mois.

La structure juridique qui avait séduit les investisseurs, des LLC isolant chaque bien, se retourne aujourd'hui contre eux. Taxes impayées, frais administratifs et frais juridiques pèsent déjà sur ces entités. La vente des actifs devra d'abord absorber ces passifs avant de distribuer le moindre centime aux porteurs de tokens.

Ce que risquent concrètement les investisseurs français

Pour les 14 000 Français exposés, la récupération des fonds s'annonce longue et incertaine. Une plainte pénale a été déposée devant le pôle financier du tribunal de Paris. La procédure judiciaire française pourrait offrir un levier, mais elle ne court-circuite pas la liquidation américaine : c'est bien aux États-Unis que les actifs seront cédés et les créances réglées.

La question fiscale s'ajoute à la complexité : les moins-values éventuelles sur des tokens ERC-20 adossés à des LLC américaines soulèvent des interrogations spécifiques que les investisseurs devront documenter avec soin, notamment au regard des règles françaises sur la fiscalité des actifs numériques. La priorité immédiate reste de conserver toutes les preuves d'achat, les relevés de loyers perçus en USDC et les communications reçues de RealT : ce sont ces éléments qui alimenteront à la fois la procédure parisienne et toute déclaration fiscale future.

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