La Chine passe à l'automatisation totale
Un centre de production chinois fonctionnerait désormais en continu, sept jours sur sept, sans intervention humaine. L'efficacité revendiquée atteindrait 85 % du niveau d'un opérateur humain. Ce chiffre reste à valider de manière indépendante, mais il illustre une dynamique industrielle qui, elle, ne fait aucun doute : la Chine investit massivement dans l'automatisation lourde et en accélère le déploiement à l'échelle de ses infrastructures de production.
Cette tendance n'est pas isolée. Elle s'inscrit dans une stratégie nationale de montée en gamme industrielle, où la robotisation sert à la fois à compenser le vieillissement de la main-d'oeuvre et à réduire les coûts unitaires de production sur le long terme.
L'Europe face à un arbitrage stratégique risqué
Du côté européen, le tableau est différent. Les budgets publics et les priorités réglementaires se concentrent sur la transition énergétique et la décarbonation industrielle, au détriment de l'automatisation à grande échelle. La multiplication des cadres sectoriels, si elle répond à des objectifs légitimes, ralentit les cycles d'investissement et complexifie les décisions industrielles des entreprises.
Le risque est structurel : si l'écart de productivité entre les deux blocs continue de se creuser, l'Europe pourrait se retrouver dans une position de dépendance renforcée vis-à-vis des chaînes logistiques asiatiques, non seulement pour les biens de consommation, mais aussi pour des composants stratégiques.
Ce n'est pas une question de modèle de société, mais d'arbitrage industriel. Investir dans la robotisation et dans la transition verte ne sont pas des objectifs mutuellement exclusifs, mais les contraintes budgétaires obligent à des choix. Pour l'instant, l'Europe semble avoir tranché en faveur du second, sans mesurer pleinement le coût d'opportunité du premier.



