Points clés
- The Exploration Company serait en discussions pour lever au moins 300 millions de dollars
- L'opération valoriserait la startup munichoise à plus de 2 milliards de dollars
- Ce niveau représente plus du quadruple de sa valorisation précédente
- Le fonds EU Scaleup Europe géré par EQT serait proche d'un engagement dans ce tour
Un tour de table qui changerait d'échelle
The Exploration Company, startup spatiale fondée il y a six ans et basée à Munich, serait en discussions avancées pour boucler une levée d'au moins 300 millions de dollars, selon un exclusif du Financial Times daté du 26 juillet 2026. L'opération valoriserait l'entreprise à plus de 2 milliards de dollars, soit plus du quadruple de sa valorisation précédente. C'est un seuil que très peu de sociétés spatiales privées européennes ont jamais franchi.
Avant ce tour, la société avait déjà levé plus de 230 millions de dollars au total, dont une Série B de 160 millions de dollars en novembre 2024, menée par Balderton Capital et Plural. Le fonds EU Scaleup Europe géré par EQT serait proche d'un engagement dans ce nouveau tour, ce qui donnerait à l'opération une dimension institutionnelle européenne marquée. La présence d'un fonds de cette nature au capital signale que l'opération ne repose pas uniquement sur des capitaux privés classiques : elle s'inscrit dans une logique de soutien structurel à l'écosystème spatial du continent.
Les fonds levés seraient destinés au développement de la capsule cargo réutilisable Nyx, le véhicule sur lequel la société concentre ses efforts depuis sa fondation. Ce positionnement sur les capsules cargo réutilisables est précisément le segment où la demande institutionnelle et commerciale est la plus forte et où la dépendance européenne vis-à-vis des acteurs américains est aujourd'hui la plus visible. Disposer d'une capacité locale dans ce domaine représente un enjeu stratégique que ce tour de table contribue directement à adresser.
La trajectoire financière de The Exploration Company illustre une montée en puissance rapide. Passer de plus de 230 millions de dollars levés en cumulé à une valorisation de plus de 2 milliards de dollars en l'espace de quelques années et plus du quadruple de la valorisation précédente en un seul tour, traduit une confiance des investisseurs dans la viabilité du modèle et dans la pertinence du marché visé. Ce rythme de progression reste rare pour une entreprise spatiale privée basée en Europe.
Ce que cette valorisation dit du spatial privé européen
Le secteur spatial privé reste aujourd'hui structurellement déséquilibré. SpaceX concentre l'essentiel des capitaux privés mondiaux et fixe les standards de coût et de cadence de lancement auxquels tous les autres acteurs sont comparés. En Europe, les initiatives privées existent, mais aucune n'a encore atteint la masse critique financière qui permettrait de rivaliser sur les grands contrats institutionnels ou commerciaux.
Une valorisation à 2 milliards de dollars pour The Exploration Company, si elle se confirme, modifie ce rapport de force à la marge. Elle crée un acteur finançable localement, capable d'attirer des capitaux européens sans dépendre exclusivement des fonds américains. Elle donne au continent un point d'ancrage crédible dans la course aux capsules cargo réutilisables, le segment sur lequel la société développe son véhicule Nyx. La capacité à mobiliser des investisseurs comme EQT, via le fonds EU Scaleup Europe, aux côtés d'acteurs comme Balderton Capital et Plural, montre que l'Europe dispose des ressources pour financer ce type d'ambition sans recourir systématiquement à des capitaux transatlantiques.
La dépendance de l'Europe à une poignée d'acteurs américains pour l'accès à l'orbite basse reste entière, mais ce type de tour de table pose les premières briques d'une alternative. Six ans après sa fondation à Munich, The Exploration Company se retrouve dans une position que peu d'entreprises spatiales privées européennes ont occupée : celle d'un acteur dont la valorisation et la base d'investisseurs lui donnent les moyens de peser sur la structuration du secteur à l'échelle du continent.












