Une allocation Bitcoin jugée incontournable pour les entreprises Tim Draper, figure emblématique du capital-risque californien, franchit un cap dans son discours pro-Bitcoin. Selon lui, ne pas détenir de Bitcoin en trésorerie est désormais une faute de gestion. Il préconise une allocation comprise entre 5 et 15 % des réserves d'entreprise, un seuil qu'il présente non comme une prise de risque, mais comme une couverture contre les défaillances du système bancaire traditionnel. Son argument central s'appuie sur la chute de Silicon Valley Bank, dont la faillite en 2023 avait failli provoquer un effet domino sur l'ensemble du secteur bancaire américain. Pour Draper, cet épisode illustre la fragilité structurelle des institutions financières classiques et justifie une diversification vers des actifs hors du circuit bancaire. ## Des recommandations qui s'étendent aux ménages et aux États Draper ne limite pas son raisonnement aux entreprises. Pour les particuliers, il préconise de constituer l'équivalent de six mois de dépenses courantes en Bitcoin, à la manière d'une épargne de précaution, mais libellée dans un actif décentralisé plutôt qu'en monnaie fiduciaire. Son avertissement le plus radical vise les États. Il estime que les réserves publiques perdent toute valeur dès lors que la monnaie nationale suit la trajectoire du peso argentin ou du naira nigérian, deux devises qui ont subi des dépréciations massives ces dernières années. Dans ce scénario, Bitcoin deviendrait la seule réserve de valeur crédible pour les gouvernements. Ce positionnement s'inscrit dans une tendance plus large : plusieurs entreprises cotées ont déjà intégré Bitcoin à leur bilan, et certains États explorent des réserves stratégiques en cryptomonnaies. Le discours de Draper radicalise cette logique en la présentant non plus comme une option, mais comme une nécessité de gestion du risque souverain et corporatif.