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Tour Montparnasse : la rénovation à 800 millions d'euros menacée par un conflit entre copropriétaires avant le 30 juillet

Tour Montparnasse : la rénovation à 800 millions d'euros menacée par un conflit entre copropriétaires avant le 30 juillet

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Points clés

Onze ans de préparation, une facture multipliée par plus de deux

La Tour Montparnasse accumule les chantiers reportés depuis des décennies. Cette fois, le projet semblait enfin sur les rails : une assemblée générale avait validé en avril 2026 un budget de 727,7 millions d'euros HT, en forte hausse par rapport aux 624 millions retenus en 2025 et très loin des 300 millions initialement envisagés. La trajectoire des coûts résume à elle seule l'histoire chaotique de ce dossier : en l'espace de quelques années, la facture a plus que doublé, puis encore progressé, pour atteindre une enveloppe que certains copropriétaires jugent désormais intenable.

La majorité des 34 copropriétaires a malgré tout validé la première phase des travaux, prévue sur deux ans à partir de septembre. Cette décision majoritaire aurait pu sembler suffisante pour débloquer enfin un chantier attendu depuis onze ans. Mais une voix pèse plus lourd que les autres.

Le 21 juillet, LFPI, gestionnaire d'actifs et principal copropriétaire avec environ 30% des surfaces, a voté contre le démarrage des travaux. L'argument avancé est direct : un coût devenu intenable pour les propriétaires. Ce vote ne suffit pas à bloquer juridiquement la décision majoritaire, mais il révèle une fracture profonde au sein de la copropriété et surtout, il s'inscrit dans un contexte de conflit bien plus précis qu'un simple désaccord budgétaire.

Le 43e étage, pivot d'une guerre entre copropriétaires

Derrière le désaccord sur les chiffres se cache un conflit plus précis, localisé à un seul niveau de la tour. LFPI portait un projet hôtelier de prestige devant occuper les étages 42 à 45, avec le 43e comme pièce maîtresse. Or Frédéric Lemos, proche de Xavier Niel et lui-même copropriétaire, vient de racheter les parts de cet étage, bloquant de fait l'opération. Sans le 43e étage, pas d'hôtel. Sans hôtel, l'équation économique du projet s'effondre pour LFPI. Ce que LFPI défendait comme un levier de rentabilité central dans son calcul d'investissement disparaît d'un coup, rendant la participation au chantier difficile à justifier face à ses propres engagements.

Lemos n'est pas un inconnu dans ce dossier : il en était la cheville ouvrière en tant que président du syndicat des copropriétaires, avant d'être révoqué fin 2025. Son retour comme acteur bloquant referme une boucle particulièrement tendue. Celui qui avait porté le projet pendant des années se retrouve aujourd'hui dans une position qui en compromet directement la réalisation, du moins dans la forme souhaitée par LFPI. La copropriété, qui compte au total 34 membres dont figurent également la MGEN et d'autres acteurs institutionnels, se retrouve ainsi traversée par des intérêts directement opposés, avec en toile de fond onze ans de préparation et une facture qui a plus que doublé depuis les premières estimations.

Une échéance au 30 juillet pour éviter le gel du chantier

La MGEN, qui détient 18% de la tour et soutient le projet, a posé une date limite : un accord entre copropriétaires doit être trouvé avant le 30 juillet. Faute de consensus, les travaux ne commenceront pas en septembre. La pression est donc maximale sur les prochains jours de négociations. D'un côté, une majorité qui a voté pour avancer et qui voit dans ce chantier l'aboutissement d'un processus long et coûteux. De l'autre, LFPI, dont le principal levier économique vient d'être neutralisé par le rachat du 43e étage. Onze ans de préparation et une facture multipliée par plus de deux se retrouvent suspendus à quelques jours de négociations entre des intérêts directement opposés.

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