Le 28 août 2014, Hal Finney s'éteint à 58 ans. Cinq ans et demi de SLA. Un homme qui avait tenu jusqu'au bout, les doigts paralysés, à dicter du code à son ordinateur par le seul mouvement de ses yeux.
L'homme qui a reçu le premier bitcoin
Retour en janvier 2009. Satoshi Nakamoto vient de lancer le réseau. Il cherche quelqu'un à qui envoyer des bitcoins pour tester le protocole. Il choisit Hal Finney. Le 12 janvier 2009, dix BTC transitent entre les deux hommes. Première transaction de l'histoire. Finney est déjà une légende dans les cercles cypherpunk bien avant ce moment : en 2004, il avait développé RPOW, Reusable Proof of Work, un système de preuve de travail réutilisable qui anticipe directement la mécanique de Bitcoin. Quand Satoshi publie son whitepaper en 2008, Finney est l'un des rares à comprendre immédiatement ce que ça signifie. Il fait tourner l'un des premiers nœuds du réseau. Il reporte des bugs. Il pousse le code.
En 2009, quelques semaines après avoir reçu ces premiers BTC, il apprend qu'il a la SLA. Il ne l'annonce pas tout de suite. Il continue à contribuer.
Cryopréservé à Scottsdale
Sa mort ne ressemble à aucune autre dans l'histoire de la crypto. Fran Finney, son épouse, annonce le 28 août 2014 : « Hal a lutté courageusement contre la SLA pendant cinq ans et demi. Il est décédé paisiblement ce matin. » Dans les heures qui suivent, son corps est transféré à l'Alcor Life Extension Foundation à Scottsdale, en Arizona, pour être cryopréservé. Hal Finney avait planifié ça. Un cryptographe qui parie sur la technologie jusqu'à la dernière seconde.
Le bitcoin vaut 510 $ ce jour-là. Le marché ne bouge presque pas. La communauté, elle, est sonnée.
Andreas Antonopoulos écrit le lendemain : « Hal était un génie doux et humble qui a changé le monde de la cryptographie. » Pas d'hyperbole. Juste la vérité.
Aujourd'hui le bitcoin tourne autour de 80 000 $. Ces dix premiers BTC reçus de Satoshi en 2009 représenteraient 800 000 $. Mais ce n'est pas ça, le legs de Finney. C'est d'avoir cru au protocole avant tout le monde, d'avoir écrit le code quand personne ne regardait, et d'avoir choisi de parier sur la technologie même face à la mort. Son corps attend toujours à Scottsdale.