Le 21 juin 2021, la Chine coupe le courant sur 65% du hashrate mondial de Bitcoin. Du jour au lendemain.
Depuis des années, les provinces du Sichuan, de Mongolie-Intérieure et du Yunnan abritent des fermes de mining titanesques, alimentées par l'hydroélectricité bon marché des fleuves du sud-ouest et le charbon du nord. La Chine représente alors plus de 65% de la puissance de calcul mondiale de Bitcoin. Un quasi-monopole.
Mais Pékin en a décidé autrement. Sous couvert de préoccupations environnementales et de contrôle des capitaux, les autorités ordonnent la fermeture des opérations dans les provinces clés. Les fermes s'éteignent les unes après les autres. Le hashrate global s'effondre de plus de 50% en quelques semaines. Le réseau Bitcoin tourne au ralenti. Le prix dégringole : de 35 602 USD la veille, il touche 31 652 USD le jour de l'annonce, avant de plonger vers 29 000 USD dans les jours suivants.
L'exode des machines
Des milliers d'ASIC se retrouvent soudainement sans toit. Les mineurs ont deux options : vendre à perte ou fuir. La plupart choisissent la fuite. Les containers de machines partent vers le Kazakhstan, où l'énergie est abondante et peu chère. D'autres filent vers le Texas, où les infrastructures électriques et un cadre pro-crypto attirent les opérateurs. En quelques mois, la carte mondiale du mining est redessinée à la hâte.
Le réseau Bitcoin, lui, s'adapte. Le protocole ajuste automatiquement la difficulté de minage à la baisse pour compenser la perte de puissance. Personne ne coupe Bitcoin. Mais l'épisode révèle une fragilité que beaucoup avaient sous-estimée : une concentration géographique aussi massive est un risque systémique.
Ce que ça a changé
L'interdiction du 21 juin n'est qu'une étape. En septembre 2021, Pékin officialise une ban nationale totale sur les cryptomonnaies. Le rideau tombe définitivement.
Rétrospective : le hashrate mondial a non seulement récupéré, il a depuis largement dépassé ses niveaux d'avant l'interdiction. Le mining s'est décentralisé entre les États-Unis, le Kazakhstan, la Russie et d'autres pays. Ce que Pékin pensait être un coup fatal s'est transformé en accélérateur de résilience pour le réseau. Aujourd'hui, avec le BTC autour de 80 000 USD, les mineurs qui ont survécu à l'exode de 2021 ont bien récupéré leur mise.