Trois ans de bataille juridique, et le verdict tombe un jeudi matin de juillet 2023. Le juge Analisa Torres, nommée par Obama en 2013, tranche dans l'une des affaires les plus suivies de l'histoire crypto.
Deux marchés, deux verdicts
Le 13 juillet 2023, Torres publie sa décision dans l'affaire SEC c. Ripple Labs. La logique est chirurgicale : tout dépend de qui achète et comment. Les ventes directes de XRP à des institutions ? Des securities non enregistrées. Ripple a violé la loi. Mais les ventes programmatiques sur les exchanges secondaires, celles que n'importe quel particulier effectue sans même savoir que Ripple est derrière ? Pas des securities. Le test de Howey ne s'applique pas. Ces ventes ont généré plus de 728 millions USD sans jamais tomber sous la juridiction de la SEC.
C'est une distinction que personne n'avait encore tracée aussi clairement devant un tribunal fédéral américain.
Le marché ne se fait pas prier
La réaction est immédiate. Le XRP bondit de plus de 70% dans la journée, atteignant environ 0,82 USD. Brad Garlinghouse, CEO de Ripple, poste depuis San Francisco : « C'est une victoire retentissante, pas seulement pour Ripple, mais pour l'ensemble de l'industrie crypto. » Le bitcoin lui-même grimpe de 30 385 USD à 31 475 USD le jour J, porté par l'euphorie générale.
L'industrie est sous pression depuis l'effondrement de FTX en novembre 2022. Cette décision arrive comme une bouffée d'air. Si les ventes de tokens sur exchange ne sont pas automatiquement des securities, la SEC perd une partie de son arsenal contre les exchanges et les émetteurs de tokens.
La SEC fait appel. L'incertitude ne disparaît pas d'un coup. Mais le précédent est posé, et d'autres affaires, notamment contre Coinbase, s'en nourrissent immédiatement.
Aujourd'hui, avec le bitcoin à 80 186 USD et un contexte réglementaire américain en pleine évolution post-élections 2024, cette décision Torres ressemble à une première pierre. Pas la fin du débat, mais le début d'une jurisprudence.