Un réseau criminel ciblant les détenteurs de crypto
Badiss Mohamed Bajjou, 25 ans, Franco-Marocain, vient d'être condamné à 25 ans de prison par la justice marocaine, selon le média Tanja7. Il est présenté comme le commanditaire d'un réseau structuré autour d'un mode opératoire précis : identifier des investisseurs crypto fortunés en France, les enlever, puis adresser des demandes de rançon à leurs proches. Des victimes principalement françaises, des faits commis sur le territoire français.
Ce type de criminalité physique visant les détenteurs d'actifs numériques n'est pas nouveau. La visibilité des fortunes crypto, parfois affichée publiquement, en fait des cibles de choix pour des réseaux organisés qui misent sur la rapidité d'exécution et la discrétion forcée des victimes.
La double nationalité, un verrou juridique contourné par Rabat
L'affaire pose une question de souveraineté judiciaire rarement résolue aussi nettement. Détenteur de la double nationalité franco-marocaine, Bajjou n'était pas extradable vers la France : le droit marocain, comme celui de nombreux États, interdit l'extradition de ses propres ressortissants.
C'est le Maroc qui a tranché. Les autorités marocaines ont accepté de juger des faits commis à l'étranger, sur la base du principe de compétence personnelle passive, protégeant ainsi des victimes qui n'auraient autrement obtenu aucune réponse pénale proportionnée. Une coopération judiciaire de fait, sans traité d'extradition activé.
Le signal envoyé est clair. Les commanditaires de ce type d'opérations, qu'ils opèrent depuis l'étranger ou derrière des intermédiaires, s'exposent désormais à des poursuites transfrontalières. La condamnation de Bajjou démontre que le verrou de la nationalité ne constitue plus un bouclier absolu quand la volonté politique existe des deux côtés de la Méditerranée.









