Cinq dossiers, un même mode opératoire
Le 21 juillet 2026, le US Attorney's Office for the District of Columbia a déposé cinq plaintes en confiscation civile visant des fonds crypto issus d'escroqueries internationales ayant touché des résidents américains et canadiens. Le détail des sommes, publié par le Department of Justice, donne la mesure de l'opération : environ 12,1 millions de dollars liés à des arnaques sentimentales en ligne avec plus de 200 victimes, environ 10,4 millions signalés par les autorités canadiennes fin 2024 à l'issue de plus de 270 transactions suspectes, environ 2,4 millions et 1,2 million pour deux dossiers remontés par des victimes de la région de Washington et environ 285 000 dollars pour une fraude dite "à la récupération de fonds", où les escrocs facturent aux victimes un service fictif de récupération de leurs pertes.
Derrière ces cinq affaires, un schéma commun : des blanchisseurs majoritairement localisés en Asie du Sud-Est, avec des adresses IP tracées en Chine, en Malaisie et au Cambodge. La crypto sert ici de courroie de transmission, permettant de fragmenter les flux et de les acheminer hors de portée des systèmes bancaires traditionnels. Pour les victimes qui cherchent à comprendre les vecteurs d'attaque et à sécuriser leurs actifs, notre guide sécurité crypto recense les principales menaces et les réflexes à adopter.
La Scam Center Strike Force monte en puissance
Ces cinq plaintes s'inscrivent dans un cadre plus large. La Scam Center Strike Force, lancée en novembre 2025 par la procureure Jeanine Ferris Pirro, revendique désormais plus de 800 millions de dollars récupérés depuis sa création. L'opération du 21 juillet illustre la montée en régime de ce dispositif : les enquêtes croisent renseignement canadien, traçage d'adresses IP et analyse on-chain pour remonter des chaînes de blanchiment qui traversent plusieurs juridictions.
La confiscation civile, outil privilégié ici, permet aux autorités américaines d'agir sur les fonds sans attendre une condamnation pénale. C'est un levier efficace face à des réseaux dont les opérateurs restent hors d'atteinte directe, installés dans des pays peu coopératifs. La coordination avec Ottawa sur le dossier à 10,4 millions de dollars montre que ce type d'opération repose désormais sur une architecture transnationale, où le partage de renseignements financiers précède l'action judiciaire.











