Une correction de valorisation historique pour Nvidia
En moins de deux mois, Nvidia a effacé près de 1 000 milliards de dollars de capitalisation boursière. La chute ramène le titre à 18 fois les bénéfices attendus, un niveau inférieur à celui du Nasdaq et porte le PER actuel à 31 : son plus bas depuis sept ans. Plus frappant encore, l'action se traite désormais sous son multiple de valorisation de 2019, malgré une progression de près de 5 900% depuis cette date.
Ce mouvement n'est pas une capitulation généralisée sur la tech. Selon Yahoo Finance, il s'agit davantage d'une rotation que d'une correction de fond : une partie des investisseurs redéploie leurs positions vers d'autres fabricants de puces, notamment Micron et AMD, qui bénéficient du rééquilibrage des portefeuilles.
Le signal chinois qui change la donne
Derrière la chute du titre, un catalyseur potentiel se dessine côté Chine. Pékin envisagerait d'autoriser Alibaba, ByteDance et DeepSeek à acheter un nombre limité de puces H200 de Nvidia pour l'entraînement de modèles d'intelligence artificielle, selon Yahoo Finance. Une telle ouverture soulagerait partiellement la pénurie de puces d'entraînement IA qui pèse sur le marché depuis plusieurs trimestres.
La nuance est importante : les autorités chinoises continueraient en parallèle de pousser les processeurs domestiques pour les tâches d'inférence, réservant les achats de matériel américain aux seuls usages d'entraînement. Ce double régime illustre la stratégie de Pékin : réduire la dépendance structurelle à long terme tout en acceptant des importations ciblées pour ne pas freiner le développement de ses champions de l'IA.
Pour Nvidia, une autorisation même partielle représenterait un débouché non négligeable sur un marché dont elle est largement coupée depuis les restrictions à l'export imposées par Washington. La combinaison d'une valorisation revenue à des niveaux historiquement bas et d'un assouplissement potentiel côté chinois place le titre dans une configuration que les marchés n'avaient pas anticipée en début d'année.











