Un indice qui tient, un marché qui s'effrite
Selon l'analyse de Turning Point Market Research reprise par Barchart, 59,46% des valeurs technologiques du S&P 500 Information Technology se trouvent en marché baissier, c'est-à-dire plus de 20% sous leur plus haut des 252 derniers jours de bourse. La casse est large. Elle frappe des profils très différents : Coinbase a perdu 69% depuis son sommet, tandis qu'Oracle et Salesforce, deux géants du logiciel d'entreprise, reculent chacun de 57%.
Ce chiffre de 59,46% n'est pas une anomalie ponctuelle. Le graphique publié par Turning Point Market Research montre une progression régulière de ce pourcentage sur la période récente, avec un axe temporel qui s'étend de début 2024 jusqu'en 2026. Autrement dit, la dégradation sous la surface du secteur technologique s'est installée progressivement, sans que l'indice de référence ne le signale clairement aux investisseurs qui se contentent de regarder le niveau global du S&P 500.
Pourtant, le S&P 500 reste à environ 1% de son record historique. L'explication tient à la mécanique même de l'indice : pondéré par les capitalisations boursières, il accorde un poids démesuré à une poignée de méga-capitalisations. Quand ces quelques titres tiennent, l'indice tient. La dégradation qui touche la majorité des composantes reste invisible en surface. L'indice, en ce sens, ment par omission : il affiche une stabilité de façade pendant que plus de la moitié de ses valeurs technologiques ont déjà basculé en territoire baissier.
La fragilité du socle
C'est précisément ce décalage qui rend la situation à double tranchant. Un marché qui progresse sur la seule force de ses plus grosses capitalisations, pendant que la majorité des valeurs recule, est un marché dont la base se rétrécit. La divergence entre le niveau de l'indice et la réalité vécue par la majorité des titres qui le composent est un signal que les seuls chiffres de clôture du S&P 500 ne permettent pas de lire directement.
Les cas de Coinbase, Oracle et Salesforce illustrent bien l'étendue du phénomène. Ces trois sociétés n'appartiennent pas au même segment : Coinbase est exposée aux cryptoactifs et aux marchés numériques, quand Oracle et Salesforce opèrent dans le logiciel d'entreprise. Que des profils aussi différents subissent des reculs aussi marqués depuis leurs sommets respectifs indique que la pression ne se concentre pas sur un seul sous-secteur technologique, mais qu'elle est diffuse.
Côté anticipations, le marché de prédiction Polymarket donne 15% de probabilité à un retournement du secteur IA d'ici le 31 décembre 2026. Le scénario optimiste reste donc dominant dans les prix, mais la concentration des gains sur un nombre réduit de titres laisse peu de marge si les méga-caps venaient à décevoir. Un retournement de ces quelques leaders suffirait à faire apparaitre dans l'indice ce que la majorité des valeurs technologiques vivent déjà depuis plusieurs mois.
Pourquoi c'est important pour vos actifs
- $COIN▼ Baissier
- $ORCL▼ Baissier
- S&P 500▼ Baissier
- $XLY▼ Baissier
Sens qualitatif, sans prévision de prix. Source : nos modèles de corrélation historique.
Nos modèles de corrélation historique montrent qu'une tension prolongée sur les marchés actions pousse d'abord les investisseurs vers les valeurs refuges, avant d'atteindre les actifs risqués avec un décalage de plusieurs semaines. COIN, ORCL et le S&P 500 (^GSPC) réagissent comme des actifs risqués dans ce schéma : ils ne décrochent qu'après un stress soutenu, pas sur un choc ponctuel.
La lecture de marché sur cette configuration reste baissière. La nuance essentielle demeure la suivante : sur une dégradation prolongée, même les valeurs refuges peuvent subir des ventes forcées. Tant que les méga-capitalisations qui portent l'indice ne cèdent pas, la surface reste calme. Mais la base, elle, s'effrite déjà depuis plusieurs trimestres et le graphique de Turning Point Market Research le documente sans ambiguité.










