Deux blocs de plus de 900 000 BTC encadrent le cours
La carte URPD (Unspent Realized Price Distribution) publiée par Galaxy Research au 20 août 2026 couvre 16 314 490 bitcoins répartis sur 99 tranches de prix de revient. Deux tranches consécutives dépassent chacune 900 000 BTC dans la fourchette 62 000-65 000 dollars : c'est là que se concentre le gros des bitcoins en circulation, achetés à ces niveaux et jamais revendus depuis. Pour lire ce graphique correctement, il faut noter que Galaxy Research a retiré le premier compartiment de la distribution afin que l'axe vertical s'ajuste automatiquement et que le reste des tranches reste lisible. Sans cette suppression, la masse de bitcoins acquis très tôt à des prix très bas écraserait visuellement toutes les autres barres.
Ce que révèle la carte, une fois ce premier compartiment écarté, c'est une distribution loin d'être uniforme. La majorité des 16 314 490 bitcoins représentés se regroupent en deux zones bien distinctes, séparées par un creux relatif. La première zone, entre 62 000 et 65 000 dollars, forme le plancher le plus dense de toute la distribution visible. La seconde, entre 83 000 et 86 000 dollars, constitue un second amas notable au-dessus du cours actuel. Entre ces deux concentrations, la densité de détenteurs est nettement plus faible, ce qui donne au cours une certaine liberté de mouvement dans cet intervalle, sans pour autant lui offrir de direction claire.
La barre orange sur le graphique Galaxy Research situe le cours du BTC au 20 août à 69 268 dollars, dans la tranche 68 653-69 902 dollars. Le plus haut historique enregistré à cette date s'établit à 124 824 dollars. Le cours se trouvait donc, au 20 août, nettement en dessous de ce sommet et positionné entre les deux zones de densité identifiées.
Mineurs et acheteurs récents au même point mort à 78 000 $
Début septembre, le BTC évolue autour de 78 000 dollars, exactement entre les deux zones de densité. Ce niveau n'est pas anodin : JPMorgan estimait en août le coût de production moyen d'un bitcoin miné à 78 000 dollars. Mineurs et acheteurs récents partagent donc le même seuil de rentabilité. Pour les mineurs, descendre sous ce niveau signifie extraire à perte. Pour les acheteurs dont le prix de revient se situe dans cette zone, c'est le point en dessous duquel chaque dollar perdu pèse directement sur leur bilan.
Cette configuration crée une double contrainte. En dessous, le plancher 62 000-65 000 dollars représente une masse de détenteurs en légère plus-value, susceptibles de vendre au moindre rebond pour sécuriser leurs gains. Ces deux tranches dépassant chacune 900 000 BTC constituent un réservoir d'offre potentielle considérable : dès que le cours remonte vers ces niveaux depuis le bas, une partie de ces détenteurs peut choisir de sortir, limitant mécaniquement la progression. Au-dessus, la zone 83 000-86 000 dollars concentre des acheteurs en perte qui attendent de récupérer leur mise avant de sortir, ce qui alimente une pression vendeuse dès que le cours s'en approche par le bas. Ces détenteurs long terme, dont les prix d'achat se situent dans cette fourchette, se retrouvent aujourd'hui sous l'eau et représentent eux aussi une source d'offre latente prête à se matérialiser lors d'un éventuel retour vers ces niveaux.
Le BTC se retrouve ainsi comprimé entre deux niveaux de résistance psychologique et technique. D'un côté, un plancher dense qui peut freiner toute reprise franche en direction des 62 000-65 000 dollars. De l'autre, un plafond chargé entre 83 000 et 86 000 dollars qui risque d'absorber la demande si le cours tente de s'y hisser. Sans catalyseur visible pour trancher dans un sens ou dans l'autre à court terme, la lecture de marché associée à cette configuration reste neutre.









