Deux facteurs IA derrière la stagnation du Bitcoin
Anthony Scaramucci avance une explication en deux temps pour la stagnation du Bitcoin sur les neuf dernières semaines. Premier facteur : une partie des mineurs a redirigé leur puissance de calcul vers l'intelligence artificielle, perturbant le hash rate du réseau. Ce déplacement de ressources matérielles n'est pas anodin : le hash rate constitue l'un des indicateurs fondamentaux de la santé et de la sécurité du réseau Bitcoin et toute perturbation de cette métrique peut peser sur la confiance des participants de marché. Lorsque des opérateurs de machines spécialisées choisissent de réorienter leur infrastructure vers des charges de travail liées à l'IA plutôt que vers le minage de Bitcoin, l'effet se ressent directement sur la puissance de calcul globale dédiée au réseau.
Second facteur avancé par Scaramucci : des capitaux qui auraient normalement irrigué les marchés crypto ont été captés par le secteur de l'intelligence artificielle, réduisant la pression acheteuse sur le Bitcoin. Ce phénomène de captation des flux d'investissement constitue un frein moins visible que la volatilité des prix, mais potentiellement tout aussi structurant sur le moyen terme. Quand des allocateurs de capital arbitrent entre deux secteurs perçus comme porteurs de croissance, le crypto peut se retrouver en position défavorable face à l'engouement que suscite l'IA.
Ces deux dynamiques convergent vers le même diagnostic : l'essor de l'IA pèse sur le Bitcoin, non pas par concurrence directe sur le plan technologique, mais en drainant à la fois les ressources matérielles et les flux d'investissement. C'est un mécanisme rarement mis en avant dans les analyses habituelles du marché et Scaramucci en fait le coeur de son raisonnement pour expliquer ces neuf semaines de stagnation. La lecture de marché associée à cette analyse reste néanmoins haussière, ce qui introduit directement le second volet de sa thèse.
Le halving comme catalyseur, le cycle de quatre ans comme boussole
Malgré ce tableau, Scaramucci reste haussier sur le Bitcoin. Son raisonnement s'appuie sur deux piliers distincts. D'abord, le cycle de quatre ans : pour ceux qui y croient, le Bitcoin approcherait la fin de sa phase baissière. Cette lecture cyclique du marché, bien connue des observateurs de longue date, suggère que les périodes de stagnation ou de repli font partie d'un schéma récurrent et que la dynamique haussière finit par reprendre le dessus à mesure que le cycle progresse.
Ensuite et c'est le second pilier, le prochain halving, attendu dans 18 à 19 mois, devrait mécaniquement resserrer l'offre disponible sur le marché. C'est ce resserrement de l'offre qui, selon Scaramucci, devrait faire remonter le prix au-dessus des 100 000 dollars. Pour les lecteurs qui souhaitent comprendre le fonctionnement précis de ce mécanisme, notre guide sur le Bitcoin détaille comment le halving agit sur l'émission de nouveaux BTC et son impact historique sur les cycles de prix.
La thèse de Scaramucci n'est pas nouvelle dans ses grandes lignes, mais elle prend un relief particulier dans ce contexte précis. Si la migration d'une partie des mineurs vers l'IA a temporairement affaibli le hash rate et si la captation des flux d'investissement par le secteur IA a asséché la pression acheteuse sur le Bitcoin, le halving viendra quant à lui réduire l'offre de manière mécanique et indépendante de ces dynamiques externes. L'offre se contracte, que les mineurs soient positionnés sur Bitcoin ou qu'ils aient basculé vers des serveurs dédiés à l'intelligence artificielle. C'est précisément cette indépendance du mécanisme de halving par rapport aux aléas conjoncturels qui constitue, aux yeux de Scaramucci, le socle de son optimisme à moyen terme sur le Bitcoin.









