Points clés
- Le fonds Situational Awareness perd 35 milliards de dollars en juillet 2026, record absolu selon le Financial Times
- Leopold Aschenbrenner, ancien chercheur chez OpenAI, dirigeait un fonds qui pesait 45 milliards début juillet
- Une performance de +439% de janvier à juin, suivie d'une chute de 67% en un seul mois
- Un levier atteignant 400% sur la mémoire et les semi-conducteurs liés à l'IA a mécaniquement amplifié les pertes
- Le portefeuille coté a été cédé à Citadel avec des décotes supérieures à 10%
- Le marché de prédiction attribue seulement 5% de probabilité à une levée de nouveaux capitaux d'ici fin août 2026
35 milliards en un mois : une perte sans précédent dans l'histoire du trading
Le fonds Situational Awareness, fondé par Leopold Aschenbrenner, ancien chercheur chez OpenAI, vient d'inscrire son nom en tête d'un classement dont personne ne veut : celui des plus grandes pertes de trading de tous les temps. Selon le Financial Times, le fonds a effacé 35 milliards de dollars en juillet 2026 seulement, dépassant des noms comme Archegos Capital Management, Long Term Capital Management ou encore Société Générale dans ce palmarès peu enviable, établi en dollars 2026.
Ce classement, qui recense les 25 plus grosses pertes de trading jamais enregistrées par des fonds, des institutions financières et d'autres entités, place désormais Situational Awareness au sommet d'une liste qui comprend également Morgan Stanley, JPMorgan Chase, Amaranth Advisors, Melvin Capital, Three Arrows Capital, Barings Bank ou encore Sumitomo Corporation. L'échelle des pertes retenues dans ce palmarès s'étend jusqu'à 35 milliards de dollars et le fonds d'Aschenbrenner occupe seul l'extrémité de cette échelle. Aucune autre entité du classement n'atteint ce niveau de destruction de valeur sur une période aussi courte.
La trajectoire du fonds illustre à elle seule la violence des retournements de marché sur des stratégies à fort levier. De janvier à juin, Situational Awareness avait enregistré une performance de +439%, portant ses encours à 45 milliards de dollars début juillet. En un seul mois, il en a perdu 67%, soit 35 milliards. La symétrie entre la montée et la chute est trompeuse : les gains s'accumulent progressivement sur six mois, les pertes se cristallisent en quelques semaines sous l'effet des appels de marge.
Un levier de 400% sur l'IA : le mécanisme de la chute
La stratégie du fonds reposait sur des positions concentrées dans deux segments : la mémoire et les semi-conducteurs liés à l'intelligence artificielle. Pour amplifier les gains, Aschenbrenner avait recours à un levier atteignant jusqu'à 400%. Ce même levier a transformé le recul de ces positions en catastrophe mécanique.
Lorsque les valeurs ont reculé, les appels de marge se sont déclenchés. Le fonds n'a pas eu d'autre choix que de céder l'essentiel de son portefeuille coté à Citadel, à des décotes supérieures à 10%. Une liquidation forcée, à prix cassé, qui a cristallisé les pertes. Ce type de dénouement est caractéristique des stratégies à levier élevé : quand le marché se retourne, la contrainte de marge impose de vendre au pire moment, aggravant mécaniquement les pertes au lieu de permettre d'attendre un éventuel rebond.
Malgré l'ampleur du désastre de juillet, le fonds affiche encore une hausse d'environ 80% depuis janvier. Un chiffre qui dit autant sur la violence de la remontée initiale que sur l'irréversibilité des pertes subies : les 35 milliards évaporés en un mois ne se récupèrent pas par un simple rebond. La base de calcul a changé, les capitaux tiers ont disparu et les investisseurs qui ont subi la chute ne bénéficient pas de la performance cumulée depuis le début de l'année de la même façon que ceux qui auraient pu entrer avant janvier.
Le marché de prédiction attribue par ailleurs seulement 5% de probabilité à une levée de nouveaux capitaux par le fonds d'ici fin août 2026, ce qui traduit un scepticisme marqué sur sa capacité à rebondir à court terme. La cote relative à un éventuel wind-down du fonds d'ici le 31 août 2026 est quant à elle fixée à 0%, ce qui signifie que les marchés de prédiction n'anticipent pas non plus une fermeture formelle imminente. Le fonds se retrouve dans une position intermédiaire inconfortable : ni fermé, ni en mesure de lever des fonds, avec une réputation durablement marquée par ce record négatif.











