La clause éthique, principal point de blocage
Trois jours avant le vote de procédure au Sénat, Donald Trump a convoqué ses conseillers vendredi pour trancher la question des clauses éthiques du Clarity Act, selon Politico. La loi de structure de marché crypto, attendue depuis des mois, bute sur un désaccord précis : les démocrates réclament une disposition empêchant le président de tirer profit des activités crypto de sa famille. Sans accord sur ce point, les négociations restent bloquées.
Ce point de friction concentre à lui seul l'essentiel des tensions entre les deux partis. Du côté démocrate, la logique est claire : une loi encadrant le marché des cryptoactifs ne peut pas être signée par un président dont la famille est directement impliquée dans ce secteur, sans qu'une garde-fou explicite soit inscrite dans le texte. La demande n'est pas formulée comme une attaque politique accessoire, mais comme une condition préalable à tout soutien bipartisan. Sans cette garantie, les démocrates refusent d'avancer sur le fond du texte.
Du côté de l'exécutif, la réunion convoquée vendredi par Trump avec ses conseillers signale que la Maison-Blanche prend la question au sérieux, ou du moins qu'elle ne peut plus l'ignorer à trois jours d'une échéance procédurale. La décision de réunir ses conseillers sur ce sujet précis, à ce moment précis du calendrier, indique que la clause éthique est bien perçue en interne comme le verrou principal du dossier. Mais l'issue de cette réunion n'a pas filtré. Aucune position officielle n'a été communiquée avant la publication des informations rapportées par Politico, ce qui laisse entière la question de savoir si un compromis a été esquissé ou si les positions restent figées.
Un vote de procédure mardi, une adoption incertaine
Le Sénat doit se prononcer sur la procédure mardi 15 septembre. Ce vote ne porte pas encore sur le fond du texte, mais il conditionne la suite du calendrier législatif. Franchir cette étape ne garantit pas l'adoption finale de la loi, mais ne pas la franchir signifierait un coup d'arrêt net pour le Clarity Act, au moins à court terme. Le vote de procédure est donc un indicateur fort de la capacité des deux partis à trouver un terrain commun, même minimal, sur un texte qui divise.
Le marché de prédiction Polymarket donne 30% de probabilité au Clarity Act pour une adoption avant la fin de l'année 2026. Ce chiffre reflète l'incertitude persistante autour du texte, notamment sur la question des conflits d'intérêts qui cristallise les tensions entre les deux partis. Polymarket propose par ailleurs plusieurs marchés connexes autour du texte, dont des questions portant sur le nombre de sénateurs qui voteront pour le Clarity Act et sur l'identité de ceux qui apporteront leur soutien au texte. Ces marchés illustrent à quel point l'issue du vote reste ouverte aux yeux des participants, sans qu'aucune tendance nette ne se dégage.
Un accord de dernière minute reste possible, mais le temps presse. Chaque jour sans compromis sur la clause éthique réduit la fenêtre législative disponible avant la fin de session. La réunion de vendredi à la Maison-Blanche était peut-être l'occasion de débloquer la situation, mais tant que son issue reste inconnue, le Clarity Act demeure suspendu à une décision qui n'a pas encore été rendue publique. Le vote de mardi dira si les négociations ont progressé ou si le texte entre dans une nouvelle phase d'attente.












