Une hémorragie qui ne s'arrête pas
Onze séances. Onze jours de retraits consécutifs sur les ETF Bitcoin spot américains, sans la moindre interruption. Lundi, 483,8 millions de dollars supplémentaires ont quitté ces véhicules, dont 440,3 millions issus du seul IBIT de BlackRock, le fonds pourtant présenté comme le fer de lance de l'adoption institutionnelle. La décollecte cumulée sur cette série atteint désormais 3,45 milliards de dollars.
Mai avait déjà sonné l'alarme : 2,43 milliards de sorties nettes sur le mois, soit le pire bilan mensuel depuis novembre 2025. Ce n'est plus un ajustement de portefeuille, c'est un mouvement de fond.
Inflation, taux, IA : le triptyque qui fait mal
Bitrue Research identifie trois facteurs convergents derrière ce désinvestissement massif. Le retour de l'inflation aux États-Unis, d'abord. Des rendements obligataires américains en hausse, ensuite, qui rendent les actifs sans rendement structurel moins attractifs. L'évanouissement des espoirs de baisse des taux de la Fed, enfin, qui avait pourtant alimenté le rally de fin 2024.
Les capitaux institutionnels ne disparaissent pas : ils se repositionnent. Les actions liées à l'intelligence artificielle captent une part croissante des flux qui sortent des ETF crypto. Le bitcoin subit ici un arbitrage sectoriel brutal, pas une défiance généralisée envers le risque.
Le prix en témoigne. Bitcoin est passé sous les 70 000 dollars, et les conditions techniques actuelles laissent envisager un retour vers les 62 000 dollars si la pression vendeuse se maintient. Un niveau qui effacerait plusieurs mois de gains et testerait la conviction des détenteurs de long terme.
La question n'est pas de savoir si les institutionnels reviendront sur Bitcoin. Elle est de savoir à quel prix.











