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Gaz européen : Bloomberg avertit qu'une troisième crise d'approvisionnement pourrait frapper avant 2030, après deux chocs en quatre ans
Illustration : USGS via Unsplash

Gaz européen : Bloomberg avertit qu'une troisième crise d'approvisionnement pourrait frapper avant 2030, après deux chocs en quatre ans

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Deux crises, un écart de prix structurel

Depuis 2022, l'Europe n'a pas retrouvé de parité avec le marché américain du gaz. Le TTF, référence européenne, se négocie aujourd'hui à plus de neuf fois le prix du Henry Hub américain. Le GNL asiatique (Japan-Korea Marker) dépasse lui-même huit fois ce même niveau. Le graphique publié par Bloomberg, intitulé "Gas Bubble", illustre cette divergence sur la décennie 2017-2026 : les États-Unis ont presque systématiquement bénéficié d'un méthane moins cher que l'Europe et l'Asie.

Deux chocs successifs expliquent cet écart. En 2022, la Russie a interrompu des livraisons qui couvraient près de 40% de la demande de l'Union européenne, forçant une réorientation massive vers le GNL américain et qatari. En 2026, la guerre en Iran a perturbé le détroit d'Ormuz, point de passage d'un cinquième du GNL mondial. Selon les marchés de prédiction au moment du tweet, la cote d'une levée du blocus iranien par les États-Unis avant le 24 juillet 2026 était à 0%.

Pourquoi une troisième crise est plausible

Bloomberg ne prédit pas un troisième choc : il avertit qu'il surviendrait faute de fournisseur de remplacement mobilisable. C'est précisément le problème structurel. Après deux crises en quatre ans, les marges de manœuvre se sont réduites. Les terminaux de regazéification européens ont été construits en urgence, les contrats long terme signés dans la précipitation et les alternatives au GNL russe ou du Golfe restent limitées à horizon 2030.

Pour les ménages et l'industrie européenne, la conséquence est directe : des factures d'énergie durablement plus élevées qu'aux États-Unis. Cet écart de compétitivité pèse sur les secteurs énergivores, de la chimie à la sidérurgie et alimente un débat de fond sur la réindustrialisation européenne dans un contexte de prix de l'énergie structurellement asymétriques.

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Sens qualitatif, sans prévision de prix. Source : nos modèles de corrélation historique.

Selon nos modèles de corrélation historique, une tension géopolitique majeure sur l'approvisionnement énergétique pousse d'abord les investisseurs vers les valeurs refuges et fait monter les actifs directement exposés comme le GNL, le gaz naturel (NG) ou le GAS perpetual. Les actions de la zone euro, suivies via l'EZU, réagissent plutôt comme des actifs risqués et ne décrochent qu'après plusieurs semaines de stress soutenu. La nuance à retenir : lors d'une crise prolongée, même l'or peut reculer sous l'effet de ventes forcées ailleurs. Le réflexe automatique « choc géopolitique égale actifs refuges en hausse » ne vaut que sur les chocs courts.

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