Un record obligataire construit sur une hypothèse géopolitique durable
Depuis le 1er janvier 2026, les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ont émis 112 milliards de dollars d'obligations et de sukuk, soit le volume le plus élevé jamais enregistré à ce stade de l'année, d'après les données Bloomberg compilées par le Kobeissi Letter. Le graphique joint au tweet est sans ambiguïté : la courbe 2026 dépasse les 120 milliards sur l'axe de projection, loin au-dessus de tous les millésimes précédents. Les émissions ont plus que triplé depuis 2022.
Ce n'est pas un simple appétit de financement conjoncturel. L'argent cible une infrastructure explicitement conçue pour acheminer le pétrole sans transiter par le détroit d'Ormuz : nouveaux ports sur la mer Rouge et le golfe d'Oman, pipelines remis à neuf, routes élargies. En clair, les États du Golfe traitent le risque d'une fermeture du détroit non plus comme un scénario de crise passager, mais comme une contrainte structurelle à contourner.
La demande des investisseurs valide le pari
Le Koweït a fourni la démonstration la plus récente. La semaine dernière, le pays a levé 6 milliards de dollars en trois tranches d'obligations souveraines en dollars (3 ans à 3 milliards, 5 ans à 1,5 milliard, 10 ans à 1,5 milliard), avec des spreads de 70 à 85 points de base au-dessus des Treasuries américains, selon AGBI. Le carnet d'ordres a atteint 14,8 milliards, soit une sursouscription d'environ 2,5 fois. L'offre record du Golfe s'absorbe sans friction.
Côté marché de prédiction, Polymarket donne entre 51 et 59% de probabilité à un retour à la normale du trafic dans le détroit d'Ormuz d'ici fin 2026, selon CNBC. Un WTI à 120 dollars n'est lui donné qu'à 21%. Le marché n'anticipe donc pas un pic pétrolier ponctuel, mais une tension prolongée qui rend le chantier de reroutage pluriannuel, ports, pipelines, transport maritime et défense, plus rentable que le pari sur le baril.
Pourquoi c'est important pour vos actifs
- $BNO▲ Haussier
Sens qualitatif, sans prévision de prix. Source : nos modèles de corrélation historique.
Selon nos modèles de corrélation historique, une tension géopolitique majeure pousse d'abord les investisseurs vers les valeurs refuges et fait monter le pétrole quand l'approvisionnement est menacé : BNO, le fonds exposé au Brent, bénéficie directement d'une prime de risque tant qu'Ormuz reste sous tension. Les actions et, avec retard, le Bitcoin réagissent plutôt comme des actifs risqués et ne décrochent qu'après plusieurs semaines de stress soutenu. Contre-intuitif mais documenté : lors d'une crise prolongée, l'or peut reculer, submergé par des ventes forcées ailleurs. Le réflexe automatique « tension géopolitique égale or en hausse » ne vaut que sur les chocs courts.










