Une expansion monétaire structurelle, pas conjoncturelle
En juin 2026, la masse monétaire mondiale a franchi le seuil de 150 000 milliards de dollars, soit une progression de 10 700 milliards sur douze mois. Ce n'est pas un pic isolé : c'est le neuvième trimestre consécutif affichant une croissance annuelle supérieure à 7%. La courbe ascendante visible sur le graphique TradingView publié ce matin illustre une tendance qui s'étire depuis 2017, avec une accélération nette à partir de 2020.
Ce qui distingue ce cycle des précédents, c'est son origine. La Fed ne baisse pas ses taux : le marché de prédiction Polymarket donne à 89% un statu quo lors de la prochaine décision. Cette liquidité ne provient donc pas d'un assouplissement monétaire classique. Elle est structurelle, budgétaire et de crédit : déficits publics massifs, expansion du crédit privé, émissions obligataires souveraines. En clair, la monnaie est créée sans que les banques centrales appuient sur la détente, ce qui rend le phénomène plus difficile à stopper.
Mécaniquement, cette abondance de monnaie érode le pouvoir d'achat des liquidités dormantes et gonfle en valeur nominale les actifs rares ou réels. C'est la logique du debasement : plus il y a d'unités monétaires en circulation, plus chaque unité vaut moins et plus les actifs dont l'offre est contrainte montent en prix.
L'or confirme, le Bitcoin prend son propre chemin
L'or ($GLD) est le bénéficiaire direct identifié dans cette configuration. Actif rare par nature, sans émetteur et sans bilan à défendre, il capte mécaniquement le flux de dépréciation monétaire. Ses records actuels s'inscrivent dans cette logique.
Le Bitcoin, lui, a décroché de ce schéma. Depuis août 2025, le lien entre la masse monétaire M2 et le cours du BTC s'est cassé. Bitcoin ne suit plus l'imprimante monétaire directement : il suit l'or, via le canal du debasement. Ce glissement est significatif. Il suggère que le marché positionne désormais Bitcoin davantage comme une réserve de valeur souveraine que comme un actif spéculatif sensible aux flux de liquidité globaux.
Côté actions américaines ($SPY), la lecture est positive en termes nominaux : la liquidité abondante gonfle les valorisations, mais sans garantir de gain réel une fois l'inflation monétaire déduite.
Pourquoi c'est important pour vos actifs
- $BTC▲ Haussier
- Gold Futures▲ Haussier
- $TIP▲ Haussier
Sens qualitatif, sans prévision de prix. Source : nos modèles de corrélation historique.
Selon nos modèles de corrélation historique, un assouplissement monétaire tend à soutenir les actifs risqués comme le Bitcoin et les actions, tandis qu'un resserrement surprise joue dans l'autre sens. La nuance est centrale : une décision déjà anticipée par le marché, comme le statu quo actuel de la Fed, a un impact quasi nul sur les prix, car seule la surprise fait bouger les cours. Pour l'or et les obligations indexées sur l'inflation, c'est la dynamique structurelle de création monétaire qui constitue le moteur dominant et pour le Bitcoin, c'est désormais le mouvement de l'or qui donne le signal.













