Un basculement structurel déclenché en 2022
Depuis 1996, les bons du Trésor américain occupaient la première place dans les réserves des banques centrales mondiales. Ce n'est plus le cas. Fin 2025, l'or représente 27% de ces réserves, contre 20% un an plus tôt. Les Treasuries, eux, reculent de 25% à 22%. Le dollar ne pèse plus que 57,8% des réserves de change mondiales, un niveau inédit depuis 1994.
La date charnière est précise : 2022. Le gel de 300 milliards de dollars d'avoirs russes par les pays occidentaux a envoyé un signal sans ambiguïté à chaque banque centrale de la planète : un actif libellé en dollars peut être bloqué du jour au lendemain via SWIFT. Ce précédent a transformé la gestion des réserves souveraines. Les données de réserves mondiales compilées par le FMI dans sa base COFER documentent cette recomposition progressive.
L'or comme actif de souveraineté, pas de rendement
Ce que les banques centrales achètent n'est pas du rendement. L'or n'en produit aucun. Elles achètent de la souveraineté : un actif physique, sans risque de contrepartie, impossible à geler par décret étranger. Les lingots d'or fin 999,9 ne transitent pas par SWIFT.
Ce mouvement crée deux effets mécaniques sur les marchés. D'un côté, une demande structurelle et récurrente sous le prix de l'or, un plancher qui monte à mesure que les banques centrales accumulent. De l'autre, un vendeur permanent derrière le Trésor américain : chaque dollar de réserve réalloué vers l'or est un dollar de moins en bons du Trésor, ce qui pèse sur la demande pour la dette américaine. Le marché de prédiction Polymarket donne 32% de chances à l'or comme meilleur actif de l'année 2026, avec un test de 4 600 dollars à portée selon le tweet.
Pourquoi c'est important pour vos actifs
- Gold Futures▲ Haussier
- 10Y Treasury Yield▲ Haussier
- $TLTon▲ Haussier
Sens qualitatif, sans prévision de prix. Source : nos modèles de corrélation historique.
Selon nos modèles de corrélation historique, l'or (GC=F) est d'abord piloté par les taux réels et le dollar : quand les taux réels montent ou que le dollar se renforce, le métal recule et inversement. La baisse du dollar à 57,8% des réserves mondiales constitue donc un vent porteur structurel pour l'or. Côté taux, une pression vendeuse durable sur les Treasuries (^TNX en hausse, TLTon en baisse) signale des taux réels plus élevés, ce qui peut freiner le métal à court terme malgré la demande souveraine. L'or reste aussi un baromètre de l'aversion au risque : en période de tensions géopolitiques, il amplifie ses gains.











