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Microsoft dévoile le chiffre d'affaires d'Azure, 29,42 milliards, et tait sa marge

Microsoft dévoile le chiffre d'affaires d'Azure, 29,42 milliards, et tait sa marge

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Microsoft (MSFT), l'éditeur de Windows et d'Office, publiera chaque trimestre le chiffre d'affaires de sa division cloud Azure, 29,42 milliards de dollars au trimestre de juin. Mais il cesse au même moment de montrer les coûts de ses anciens segments, et la marge d'Azure reste invisible.

L'impact en un coup d'oeil

DirectionPositif
IntensitéModérée
Horizon6-12 mois
Ce que ça toucheAttentes, probabilité du scénario

Ce qui a été annoncé

Microsoft a présenté le 2 septembre une refonte de sa communication financière. La société ramène ses segments comptables de trois à deux, fournit deux années de comptes retraités, et surtout publiera chaque trimestre le chiffre d'affaires d'Azure, sa plateforme de cloud. Les investisseurs le réclamaient depuis des années : jusqu'ici, Azure était noyé dans un ensemble baptisé Intelligent Cloud et ne se laissait deviner qu'à travers des taux de croissance.

Microsoft, c'est Windows sur la plupart des ordinateurs de bureau, Word et Excel dans les entreprises, et les consoles Xbox dans les salons.

Le chiffre révélé est considérable. 29,42 milliards de dollars sur le seul trimestre clos en juin, en hausse de 42% sur un an, et plus de 100 milliards sur l'exercice complet. Rapporté aux 90,0 milliards de dollars que le groupe a facturés sur ce même trimestre, Azure pèse donc près d'un tiers de l'activité, et environ 30% du chiffre d'affaires annuel de 331,8 milliards.

La limite de l'annonce compte autant que l'annonce. Microsoft publie le chiffre d'affaires d'Azure, pas sa marge opérationnelle, là quand Amazon Web Services et Google Cloud publient tous deux la rentabilité de leur segment. Et la refonte retire au passage le détail des coûts des trois anciens segments. Le lecteur gagne une ligne de recettes et perd, dans le même mouvement, plusieurs lignes de dépenses.

Deux autres faits ont marqué la semaine, sans porter le même poids. OpenAI a lancé le 3 septembre son modèle GPT-6 Astra, dont Microsoft héberge les charges et licencie la propriété intellectuelle. Et Satya Nadella a cédé un bloc de titres le 1er septembre, dans le cadre d'un plan de cession programmé adopté en mars : une opération planifiée, sans signal.

Chiffre d'affaires annuel de Microsoft, à 331,8 milliards de dollars sur l'exercice clos en juin 2026.
C'est l'échelle à laquelle rapporter les 100 milliards annoncés pour Azure.Note : chiffre d'affaires annuel en dollars, exercices clos en juin. Les dernières barres sont des prévisions d'analystes.Source : comptes annuels de Microsoft

Ce que le prix incorpore déjà

Ce qui change ici n'est pas une ligne de résultat, c'est ce que le marché peut vérifier. Une entreprise qui ouvre ses comptes réduit l'écart entre ce qu'elle affirme et ce qu'un actionnaire peut contrôler, et cet écart a un prix.

Le consensus attend 19,75 dollars de bénéfice par action sur l'exercice 2027, soit 14,31% de mieux que l'exercice écoulé, sur trente-trois analystes. La dispersion est étroite, de 19,21 à 20,70 dollars : les professionnels qui suivent la valeur ne divergent pas sur la trajectoire, ils divergent sur son prix.

Et ce prix est ambigu. Sur les bénéfices attendus, le titre se paie 25,3 fois contre 21,9 fois pour la médiane de son sous-secteur, un panier de cent sociétés de logiciels : une prime d'environ 15%. Mais face à sa propre histoire, le même multiple ressort au 20e centile sur cinq ans, c'est-à-dire moins cher que 80% du temps depuis 2021. Microsoft est donc simultanément plus cher que ses pairs et moins cher qu'elle-même, et le détail des ratios de la fiche Microsoft permet de suivre lequel des deux mouvements se poursuit.

L'ancrage le plus parlant tient en une phrase. Au cours du 4 septembre, le marché intègre une croissance du free cash flow, la trésorerie qui reste une fois les investissements payés, de 18,38% par an sur dix ans. La société en a délivré 17,38% par an sur cinq ans. L'écart tient dans un point de croissance annuelle : le prix ne demande pas un miracle, il demande la continuité, plus un cran.

Cette absence a une conséquence concrète sur la façon dont la valeur se calcule. Faute de rentabilité publiée, un analyste qui veut valoriser Azure séparément doit lui appliquer la marge d'un concurrent, en général celle d'Amazon Web Services ou de Google Cloud, puis assumer que les deux activités se ressemblent. C'est une hypothèse commode, et rien ne la vérifie.

Elle explique une partie de l'écart entre les objectifs les plus bas et les plus hauts du consensus : les bureaux ne travaillent pas seulement sur des prévisions différentes, ils travaillent sur des structures de coûts qu'ils ont dû inventer. Ouvrir la ligne de recettes réduit une inconnue sur deux, et laisse l'autre entière.

C'est précisément pour cela que la marge d'Azure comptait. Un tiers de l'activité qui croît de 42% par an sans que sa rentabilité soit connue, c'est un tiers de la thèse d'investissement qui repose sur une inférence.

Bénéfice par action de Microsoft, avec le consensus des analystes en prévision.
Le consensus attend 19,75 dollars sur l'exercice 2027.Note : bénéfice par action en dollars, exercices clos en juin. Les dernières barres sont le consensus des analystes.Source : consensus des analystes

Ce que le marché en fait déjà

L'action valait 499,70 dollars à la clôture du 4 septembre. Sur un an, elle est quasiment à l'arrêt, en repli de 0,91%, et elle ne progresse que de 3,16% depuis le 1er janvier. Elle évolue à 73,59% de sa fourchette des cinquante-deux dernières semaines, comprise entre 349,20 et 553,72 dollars, et reste 9,76% sous son plus haut.

Cette immobilité du cours contraste avec les comptes. Sur le dernier trimestre publié, le chiffre d'affaires progresse de 17,7% sur un an. Autrement dit, la société a grandi pendant que le titre faisait du surplace, et c'est mécaniquement ce qui a ramené le multiple au bas de sa propre fourchette historique. La compression du multiple n'est pas venue d'une dégradation des comptes, elle est venue du refus du marché de payer davantage.

Le chemin parcouru pour arriver à cette stabilité apparente a pourtant été heurté. Le titre est descendu jusqu'à 349,20 dollars au plus bas de la période, avant de remonter vers les 500 dollars où il se tient aujourd'hui. Un actionnaire entré il y a douze mois n'a donc rien gagné, mais il a traversé un écart de plus d'un tiers entre le plus haut et le plus bas de la fourchette. Cette amplitude compte autant que le résultat final : elle mesure ce que le marché est prêt à faire varier sur une société dont personne ne conteste les comptes.

Les analystes, eux, restent nettement au-dessus. L'objectif moyen des trente-trois bureaux qui suivent la valeur ressort à environ 573 dollars, la médiane à 555 dollars, et les extrêmes s'étirent de 400 à 870 dollars. Un écart de plus du simple au double entre la borne basse et la borne haute dit ce qui se joue : personne ne conteste que Microsoft exécute, tout le monde débat de ce que cette exécution vaut.

Cours de l'action Microsoft sur deux ans, à 499,70 dollars.
Un an de surplace, dans une fourchette de 349,20 à 553,72 dollars.Note : cours de clôture quotidien en dollars sur deux ans.Source : Nasdaq

Le point de bascule

L'indicateur à surveiller est la première publication au nouveau format, attendue le 29 octobre, une date encore donnée comme estimée. Ce sera le premier trimestre où Azure apparaîtra en clair.

Le scénario favorable est celui où la croissance d'Azure se maintient au-dessus de 40% et où la conversion du bénéfice en trésorerie, aujourd'hui à 0,50, remonte. Cette conversion signifie que la moitié seulement du bénéfice comptable devient de la trésorerie disponible, le reste partant en investissements : sur une société qui construit des centres de données, c'est le chiffre qui dit si la course aux capacités se finance encore toute seule.

Le scénario défavorable est le symétrique : une croissance d'Azure qui passe sous les 40%, ou une conversion qui reste bloquée, sans marge de segment pour arbitrer.

Tant que la conversion du bénéfice en trésorerie reste à 0,50 et que la marge d'Azure n'est pas publiée, ouvrir le chiffre d'affaires du segment ne répond qu'à la moitié de la question. Si cette marge finit par sortir, le multiple de 25,3 fois les bénéfices attendus cesse d'être une prime versée à l'aveugle.

Flux de trésorerie disponibles annuels de Microsoft, à 67,0 milliards de dollars.
C'est la ligne qui dira si la course aux capacités se finance encore seule.Note : flux de trésorerie disponibles annuels en dollars, exercices clos en juin.Source : comptes annuels de Microsoft

Les données, en clair

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