Trente ans de ciseau fiscal
En 1996, un épargnant qui retirait 10 000 euros de plus-value d'un PEA acquittait 50 euros de prélèvements sociaux. Aujourd'hui, la même opération lui coûte 1 860 euros. Le taux est passé de 0,5% à 18,6% en dix hausses successives, selon service-public.fr. Sur la même période, le plafond du plan a été multiplié par 1,5, pour atteindre 150 000 euros depuis 2019.
Le calcul est brutal : si les prélèvements sociaux avaient progressé au même rythme que le plafond, ils seraient aujourd'hui à 0,75%. Ils sont à 18,6%. L'écart entre les deux trajectoires résume trente ans de politique fiscale sur l'épargne longue en France.
Ce que font les voisins
Trois pays comparables ont fait des choix radicalement différents. Le Royaume-Uni a porté son Individual Savings Account (ISA) à 20 000 livres par an, sans aucun impôt à la sortie sur les plus-values. La Suède maintient une fiscalité forfaitaire d'environ 1% sur les comptes d'épargne actions, quelle que soit la performance. L'Allemagne, souvent présentée comme un pays à fiscalité lourde, taxe les plus-values à 26%, soit cinq points sous le prélèvement forfaitaire unique français.
Ces trois modèles partagent un point commun : la règle du jeu n'a pas changé de façon répétée au détriment de l'épargnant. En France, dix révisions à la hausse en trente ans ont transformé un outil d'incitation à l'investissement en actions en un produit dont la fiscalité à la sortie dépasse celle de nombreux placements concurrents. Pour les épargnants qui s'interrogent sur l'impact fiscal de leurs investissements, notre guide complet sur la fiscalité crypto en France détaille les mécanismes du prélèvement forfaitaire unique et leurs interactions avec d'autres enveloppes.
Pourquoi c'est important pour vos actifs
Le PEA reste l'enveloppe de référence pour investir en actions européennes avec une exonération d'impôt sur le revenu après cinq ans de détention. Mais les prélèvements sociaux, eux, s'appliquent quoi qu'il arrive à la sortie et leur poids a rendu la comparaison avec l'ISA britannique ou le compte-titres suédois de plus en plus défavorable. Un épargnant qui a alimenté son PEA pendant vingt ans et retire aujourd'hui une plus-value significative subit une ponction que le législateur de 1996 n'avait pas anticipée, ou du moins pas programmée à ce niveau. La dixième hausse en trente ans n'est pas une anomalie : c'est une tendance structurelle que les arbitrages d'allocation doivent désormais intégrer.









