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Capital B lève 23 millions de dollars pour acheter du bitcoin, avec Adam Back et TOBAM au tour de table

Capital B lève 23 millions de dollars pour acheter du bitcoin, avec Adam Back et TOBAM au tour de table

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Une société française parie sur le bitcoin comme réserve de valeur

Capital B, société française cotée sous le ticker ALCPB, annonce une levée de 23 millions de dollars destinée exclusivement à l'achat de bitcoin. Le tour de table est mené par Adam Back, cryptographe et figure historique du secteur et par TOBAM, gestionnaire d'actifs pesant 1 milliard de dollars sous gestion. Au-delà de cette première tranche, des bons de souscription pourraient porter l'enveloppe totale à 150 millions de dollars sur cinq ans.

Rapportée à la taille de Capital B, valorisée 225 millions de dollars, cette levée représente environ 10% du bilan. Mais c'est la destination des fonds qui retient l'attention : si les bons de souscription sont exercés en totalité, le bitcoin pourrait couvrir les deux tiers de la valeur de la société. Une conversion de trésorerie classique vers un actif numérique d'une ampleur rare pour une entreprise française.

Pour saisir l'échelle de l'opération, il faut la replacer dans les proportions de Capital B elle-même. Une société valorisée 225 millions de dollars qui engage d'abord 23 millions de dollars, soit environ un dixième de sa taille, puis qui ouvre la porte à une exposition pouvant atteindre les deux tiers de cette même valorisation, prend un pari structurel sur un actif unique. Ce n'est pas un placement de diversification à la marge : c'est une décision qui redéfinit la nature même du bilan de l'entreprise. La trésorerie classique, composée de liquidités ou d'obligations, cède progressivement la place à un actif dont l'offre est déterminée par un protocole informatique et non par une banque centrale.

La stratégie MicroStrategy à la française

La démarche de Capital B s'inscrit dans un mouvement plus large de sociétés cotées qui substituent une partie de leur trésorerie en bitcoin plutôt qu'en liquidités ou en obligations. La présence d'Adam Back au tour de table n'est pas anodine : co-inventeur du protocole Hashcash cité dans le livre blanc de Bitcoin, il apporte une caution technique et symbolique forte à l'opération. Sa participation signale que la levée ne se limite pas à un simple apport de capitaux : elle associe à Capital B une figure dont le nom est directement lié aux fondations intellectuelles de Bitcoin. A titre d'indication sur la perception du marché, les marchés de prédiction accordent au moment du tweet une cote de 3% à la confirmation qu'Adam Back serait Satoshi Nakamoto d'ici la fin de l'année, ce qui illustre la dimension symbolique que certains observateurs attachent à sa personne, sans que cela constitue un fait établi.

TOBAM, de son côté, gère depuis plusieurs années des fonds exposés aux actifs numériques, ce qui en fait un partenaire institutionnel cohérent avec la thèse d'investissement portée par Capital B. Avec 1 milliard de dollars d'actifs sous gestion, TOBAM n'est pas un acteur marginal : sa présence dans ce tour de table confère à l'opération une légitimité institutionnelle qui dépasse le cadre des investisseurs purement spéculatifs.

Pour Capital B, l'enjeu est de transformer une part majeure de son bilan en un actif dont la politique monétaire est fixée algorithmiquement, à rebours des stratégies de trésorerie conventionnelles. La mécanique des bons de souscription est centrale dans cette logique : ils permettent d'étaler dans le temps, sur cinq ans, une exposition qui serait difficile à construire en une seule opération sans peser sur le marché ou sur la structure financière de la société. Chaque exercice de bon représente un pas supplémentaire vers cet objectif de faire du bitcoin le coeur du bilan.

Avec 150 millions de dollars potentiels sur cinq ans, Capital B se positionne comme l'un des véhicules d'exposition au bitcoin les plus significatifs du marché français coté. La lecture de marché associée à cette annonce est haussière, même si la confiance attachée à cette appréciation reste limitée. Ce que l'opération révèle avant tout, c'est qu'une entreprise française cotée a choisi de faire du bitcoin non pas un actif parmi d'autres, mais la pierre angulaire de sa stratégie de valeur.

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