Un ralentissement plus marqué qu'anticipé
Le Bureau of Economic Analysis publie une croissance annualisée de 1,5% pour le deuxième trimestre 2026, en net recul par rapport aux 2,1% enregistrés au premier trimestre et sous les attentes du marché, situées autour de 2%. Le ralentissement tient à trois postes qui ont simultanément décroché : les dépenses publiques ont reculé de 0,8% au T2, après une hausse de 4,4% au T1 ; l'investissement des entreprises hors résidentiel a ralenti à 8,4%, contre 10,6% au trimestre précédent ; les exportations ont progressé de 4,5%, loin des 10,9% du T1.
Seule la consommation des ménages tire son épingle du jeu, avec une progression de 3,2% en rythme annualisé, contre 0,5% au T1. Ce rebond de la demande intérieure privée a limité la casse, mais n'a pas suffi à compenser le retrait coordonné des autres moteurs de croissance.
L'inflation PCE et la guerre en Iran compliquent la tâche de la Fed
Côté prix, l'indice PCE de juin ressort à 3,7% sur un an, en baisse par rapport aux 4,1% de mai, mais toujours proche du double de la cible de 2% fixée par la Réserve fédérale. Le PCE sous-jacent (hors énergie et alimentation) s'établit à 3,3%. Dans ce contexte, la banque centrale, dont le siège à Washington porte la date de 1936 sur sa façade, se retrouve prise entre deux feux : une croissance qui s'essouffle plaiderait pour un assouplissement, mais une inflation structurellement élevée interdit tout pivot précipité.
La guerre en Iran ajoute une variable supplémentaire. La pression sur les prix de l'énergie qu'elle génère risque de retarder la désinflation et de maintenir le PCE au-dessus de la cible plus longtemps que prévu, rendant chaque réunion du FOMC plus incertaine.
Pourquoi c'est important pour vos actifs
- $BRENTOIL▼ Baissier
Sens qualitatif, sans prévision de prix. Source : nos modèles de corrélation historique.
Selon nos modèles de corrélation historique, ce qui déplace réellement les prix n'est pas la décision de la Fed en elle-même, mais l'écart entre cette décision et ce que le marché anticipait déjà : seule la surprise fait bouger les prix. Une inflation PCE à 3,7% réduit la probabilité d'un assouplissement surprise, ce qui pèse sur les actifs risqués. Le pétrole Brent reste le baromètre à surveiller : une escalade géopolitique en Iran qui ancrerait durablement les prix de l'énergie à la hausse renforcerait le scénario d'une Fed contrainte de maintenir des taux élevés, un environnement historiquement défavorable aux actifs risqués, Bitcoin compris.










