Un aveu de pump-and-dump en bonne et due forme
Rasmr, influenceur crypto francophone suivi par une large communauté, a reconnu publiquement le 5 juillet 2026 avoir acheté des memecoins avant de publier ses vidéos de comparaison, puis revendu ses positions une fois la hausse provoquée par son propre contenu. L'admission, relayée notamment par Coin Academy, décrit un mécanisme classique : l'influenceur crée artificiellement la demande via sa notoriété, encaisse la plus-value et laisse ses abonnés avec des tokens dévalorisés.
Rasmr affirme avoir cessé cette pratique. Mais l'aveu lui-même pose une question de fond : pendant combien de temps ses abonnés ont-ils acheté sur la foi de recommandations dont l'auteur était déjà positionné à la vente ?
Une pratique systémique chez les KOLs, pas un cas isolé
Ce qui rend cet aveu particulièrement révélateur, c'est la phrase qui l'accompagne dans le tweet original : "une bonne partie des KOLs crypto sont dans le même cas". Le schéma décrit par Rasmr, achat discret avant publication, vente après l'effet d'annonce, correspond à ce que les régulateurs américains qualifient de manipulation de marché coordonnée. En France, l'AMF a durci ses exigences sur les obligations de transparence des influenceurs financiers depuis la loi du 9 juin 2023, qui impose notamment la déclaration des liens commerciaux et des positions détenues lors de toute recommandation.
La pratique du pump-and-dump sur memecoins via des KOLs est documentée depuis plusieurs années. Ce qui change ici, c'est la reconnaissance publique et spontanée d'un acteur du secteur, selon la source relayée par Coin Academy. Ce type d'aveu reste rare : la plupart des influenceurs impliqués dans des schémas similaires nient ou disparaissent discrètement.
Ce que cela change pour les abonnés qui ont suivi ces conseils
Pour les particuliers ayant acheté des memecoins sur la foi des vidéos de Rasmr, la situation est nette : ils ont servi de liquidités de sortie à l'influenceur. Leurs achats ont alimenté la hausse que Rasmr attendait pour vendre. Ce mécanisme ne nécessite ni entente ni infrastructure complexe, juste une audience suffisamment réactive et une position prise en amont.
L'enjeu dépasse le cas Rasmr. Tant que les KOLs crypto ne sont pas tenus de déclarer leurs positions avant toute recommandation et tant que les plateformes ne sanctionnent pas ce type de contenu, le modèle reste rentable pour ceux qui le pratiquent. L'aveu de Rasmr documente publiquement un conflit d'intérêts structurel que l'ensemble de l'écosystème des influenceurs crypto devra tôt ou tard affronter devant les régulateurs.






