Points clés
- Bernstein relève son objectif de cours sur $HOOD de 130 à 160 dollars, recommandation Outperform maintenue
- Les marchés de prédiction pourraient devenir la première ligne de revenus de Robinhood dès le deuxième trimestre 2026, devant la crypto
- L'estimation de revenus crypto 2026 est simultanément réduite de 49% faute de volumes suffisants
- Rothera, plateforme agréée CFTC liée à Robinhood, a traité plus de 3,5 milliards de contrats depuis son lancement fin mai
- Le marché de prédiction donnait 88% de probabilité que Robinhood batte ses résultats trimestriels au moment de la publication
Un pivot stratégique validé par Wall Street
Bernstein a relevé lundi son objectif de cours sur Robinhood ($HOOD) de 130 à 160 dollars, maintenant sa recommandation Outperform. L'analyste Gautam Chhugani, qui signe cette révision, justifie ce mouvement par la montée en puissance des marchés de prédiction, qu'il anticipe comme première ligne de revenus de la plateforme dès le deuxième trimestre 2026. Ce serait la première fois que les contrats sur événements dépasseraient la crypto dans les comptes de Robinhood, un renversement de hiérarchie qui marquerait une rupture nette avec la dynamique de revenus observée jusqu'ici.
Le signal est d'autant plus fort que Bernstein coupe simultanément ses attentes sur le trading crypto : l'estimation de revenus 2026 sur ce segment est réduite de 49%, faute de volumes suffisants. La banque ne parie donc pas sur un rebond crypto pour justifier sa hausse de cible, mais sur un relais de croissance structurel. Cette dissociation est centrale dans le raisonnement de Chhugani : la thèse haussière sur $HOOD repose désormais sur un moteur distinct, indépendant des cycles de volatilité des actifs numériques. Autrement dit, même si les volumes crypto restent atones, la trajectoire de Robinhood peut s'apprécier par un autre canal.
Cette lecture est cohérente avec la lecture de marché associée à la note, qualifiée de haussière et avec la probabilité de 88% que les opérateurs sur les marchés de prédiction accordaient à Robinhood pour battre ses résultats trimestriels au moment de la publication de cette analyse.
Rothera, le moteur concret derrière les projections
Derrière les chiffres, une plateforme : Rothera. Agréée par le régulateur américain des dérivés (CFTC) et liée à Robinhood, elle a été lancée fin mai. En quelques semaines, elle a déjà traité plus de 3,5 milliards de contrats, dont 93% portés par les marchés sur la Coupe du monde. Un démarrage qui donne une base concrète aux projections de Bernstein et qui illustre la capacité de la plateforme à capter rapidement des volumes significatifs autour d'événements grand public.
Ce volume initial n'est pas anodin : il démontre que la demande pour ce type de contrats existe, qu'elle peut se concentrer sur un seul événement sportif et générer une activité mesurable en quelques semaines seulement. C'est précisément ce type de traction précoce que Bernstein mobilise pour étayer ses projections de revenus à court et moyen terme.
Pour le trimestre en cours, la banque avance environ 150 millions de dollars de revenus sur les marchés de prédiction, contre 104 millions au trimestre précédent. La progression trimestrielle est donc déjà sensible. Sur le plus long terme, Bernstein projette une croissance de 64% par an jusqu'en 2028, pour atteindre 1,7 milliard de dollars. Le marché total adressable, incluant les perpétuels et les actions tokenisées en plus des marchés de prédiction, est estimé à plus de 70 milliards de dollars de frais.
Ce chiffre de marché adressable illustre l'ambition du cadre analytique de Bernstein : Rothera n'est pas seulement un outil de paris sur des événements sportifs ou politiques, mais potentiellement une infrastructure plus large couvrant plusieurs classes d'actifs dérivés. La question qui reste ouverte est celle du rythme auquel Robinhood parviendra à convertir ce potentiel en revenus effectifs, au-delà de l'impulsion initiale de la Coupe du monde. La prochaine publication de résultats constituera le premier test sérieux de cette thèse.











