Deux visions de l'IA, deux conclusions opposées
En juillet 2026, Elon Musk accordait une interview à The Economist dans laquelle il affirmait que l'argent n'aurait plus de sens d'ici 2036. Sa thèse : l'automatisation pilotée par l'IA et les robots créerait une abondance telle que la notion même de valeur monétaire deviendrait obsolète. Une prédiction radicale, formulée par l'homme qui dirige à la fois Tesla, SpaceX et xAI.
Sam Altman, CEO d'OpenAI, n'a pas laissé passer l'affirmation sans répondre. Le 3 août 2026, il publiait sur X une réponse directe : "Money will matter in 2036." Pas de nuance, pas de conditionnel. L'argent comptera encore dans dix ans.
Concentration du pouvoir, le vrai sujet derrière le débat
Derrière cette joute de formules courtes se cache un désaccord de fond. Là où Musk voit une abondance distribuée, Altman exprime une préoccupation inverse : l'IA pourrait accélérer la concentration du pouvoir et des richesses entre un petit nombre d'acteurs et non les dissoudre. C'est précisément parce que l'argent continuera de structurer les rapports de force qu'il restera central, selon lui.
Cette position n'est pas anodine venant du dirigeant d'OpenAI, dont la valorisation et les ambitions industrielles font l'objet d'une attention soutenue. Le marché de prédiction donnait au moment du tweet 16% de probabilité à une introduction en bourse d'OpenAI dépassant 1 000 milliards de dollars avant 2027 et seulement 2% de chances qu'OpenAI lance un token avant la même échéance. Des chiffres qui illustrent à quel point la société reste perçue comme un acteur du capital traditionnel, pas de l'économie post-monétaire que Musk appelle de ses vœux.
Le débat dépasse les deux protagonistes. Pour l'écosystème crypto, une économie d'abondance sans monnaie serait une thèse existentielle : si l'argent n'a plus de valeur, les actifs numériques non plus. La réponse d'Altman, au contraire, ancre l'utilité des systèmes de valeur décentralisés dans un futur où la rareté et les rapports de pouvoir persistent.












