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Stratégie crypto américaine : le PDG de Noah détaille les trois textes qui structurent l'ambition des États-Unis

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Points clés

Un triptyque législatif pour dominer la crypto mondiale

Shah Ramezani, PDG de Noah, résume la stratégie américaine en trois textes successifs. Premier pilier déjà en place : le GENIUS Act. Ce texte définit ce qu'est un stablecoin sûr et fixe les conditions de son émission, réserves bancaires, dépôts à court terme, actifs liquides et audits financiers. C'est le socle réglementaire sur lequel repose toute la suite. En posant ces exigences précises, le GENIUS Act offre aux émetteurs de stablecoins une feuille de route concrète, là où régnait auparavant un vide juridique qui décourageait les initiatives et poussait certains acteurs à s'installer hors des États-Unis.

Deuxième pilier, encore en débat : le CLARITY Act. Son enjeu est direct, trancher la compétence entre la SEC et la CFTC sur les actifs numériques. Cette question de frontière réglementaire bloque depuis des années le développement de l'industrie aux États-Unis. Les entreprises du secteur se retrouvent prises entre deux régulateurs dont les périmètres se chevauchent sans que la loi ne tranche clairement, ce qui génère une insécurité juridique coûteuse et freine les décisions d'investissement. Le marché de prédiction lui accorde une cote de 19% de chances d'être signé en 2026, ce qui traduit une incertitude réelle sur le calendrier. Ce chiffre bas ne signifie pas que le texte est condamné, mais il reflète la complexité des négociations au Sénat et la difficulté à dégager un consensus sur un sujet aussi technique que la délimitation des compétences entre deux agences fédérales aux cultures et aux mandats distincts.

Troisième pilier : les règles fiscales, que Ramezani place délibérément en dernier, une fois le cadre de supervision stabilisé. Ce choix de séquençage n'est pas anodin. Il signale que Washington choisit de sécuriser les flux financiers avant de régler les questions de taxation, une priorité qui favorise l'adoption rapide par les acteurs institutionnels. Pour les entreprises du secteur, la lisibilité réglementaire que promet ce triptyque pèse autant que le contenu précis de chaque texte. Savoir dans quel ordre les règles arrivent et pourquoi, permet d'anticiper les décisions stratégiques sans attendre que l'ensemble du cadre soit bouclé.

Un revirement assumé après trois ans de blocage

Ramezani insiste sur l'ampleur du changement de cap. Il y a trois ans, selon lui, "tout était fait pour freiner" le secteur crypto aux États-Unis. La posture réglementaire était ouvertement hostile, entre actions en justice de la SEC, fermetures de comptes bancaires et absence de cadre législatif clair. L'ambiance générale était celle d'une administration cherchant à contenir un secteur jugé risqué plutôt qu'à l'encadrer pour en tirer parti. L'ambition affichée aujourd'hui, devenir la "capitale crypto du monde", représente donc un retournement complet de doctrine.

Ce changement de posture se lit aussi dans le séquençage choisi. En commençant par les stablecoins, Washington cible d'abord le segment le plus directement connecté aux flux financiers traditionnels et le plus susceptible d'intéresser les grandes institutions. En réservant la fiscalité pour la fin, les législateurs évitent de bloquer l'élan naissant avec des contraintes qui pourraient décourager les premiers entrants. Pour les acteurs du secteur, la lecture de marché reste haussière : un cadre réglementaire lisible, même imparfait, vaut mieux qu'une incertitude permanente. C'est précisément ce que ce triptyque, s'il va à son terme, promet de résoudre.

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