Un écart de 391 millions d'euros
La taxe de 2 euros sur les petits colis en provenance de pays hors Union européenne, conçue pour freiner la fast fashion, devait rapporter 400 millions d'euros sur l'année 2026. Elle n'en a rapporté que 9 millions. Le dispositif, entré en vigueur début 2026, a été supprimé le 30 juin, après seulement quatre mois d'existence, pour laisser place à un mécanisme coordonné à l'échelle européenne.
L'objectif affiché était double : renflouer les caisses et pénaliser les plateformes de fast fashion qui inondent le marché français de colis à bas prix. Sur les deux tableaux, le résultat est maigre.
Ce que l'échelle européenne change
Le droit de douane européen qui a pris le relais est fixé à 3 euros par colis. À l'échelle des vingt-sept États membres, il génère environ 32 millions d'euros par semaine. En clair : l'Union européenne collecte en sept jours davantage que la France n'a collecté en quatre mois avec son propre dispositif.
L'arithmétique est brutale. Une taxe nationale, même bien calibrée, bute sur un problème structurel : les flux de colis ne s'arrêtent pas aux frontières françaises. Un colis entrant par un autre port européen échappe à la taxe française. La coordination à vingt-sept supprime cette fuite, ce que le dispositif hexagonal ne pouvait pas faire seul.
Cet épisode illustre une tension récurrente entre souveraineté fiscale nationale et efficacité réglementaire à l'échelle du marché unique. Pour les acteurs du commerce en ligne comme pour les consommateurs, la règle qui compte désormais est celle posée par Bruxelles, pas celle de Bercy.







