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Le yen reste à 159 pour un dollar malgré 100 milliards d'intervention et les entreprises japonaises affichent +70% de bénéfices

Le yen reste à 159 pour un dollar malgré 100 milliards d'intervention et les entreprises japonaises affichent +70% de bénéfices

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Une intervention à 100 milliards qui n'a pas tenu

Fin juillet, Washington et Tokyo ont coordonné une intervention sur le marché des changes pour soutenir le yen. La devise a brièvement atteint 155 pour un dollar. Elle est depuis retombée au-delà de 159, plus faible qu'avant l'opération. Résultat : environ 100 milliards de dollars dépensés pour un effet nul sur la tendance de fond, selon Nikkei Asia.

Cette incapacité à ancrer durablement la devise illustre les limites des interventions unilatérales face à des flux de capitaux structurels. La faiblesse persistante du yen exerce par ailleurs une pression croissante sur le marché obligataire japonais, où les investisseurs étrangers voient leurs rendements réels rogné par la dépréciation monétaire.

Les entreprises japonaises, grandes gagnantes d'un yen bas

Pour les groupes exportateurs, le tableau est radicalement différent. D'après Nikkei Asia, les bénéfices des entreprises cotées japonaises ont progressé de 70% sur un an au trimestre avril-juin 2026, portés par la devise faible et les dépenses liées à l'intelligence artificielle.

Toyota concentre à elle seule une part significative de ce mouvement. Le constructeur a publié un bénéfice net de 1 477 milliards de yens sur la période, en hausse de 75,6% sur un an, pour des revenus consolidés de 13,525 billions de yens, soit +10,4% sur un an, selon le communiqué officiel du groupe. Un yen faible gonfle mécaniquement la valeur en yens des ventes réalisées à l'étranger et Toyota réalise l'essentiel de son chiffre d'affaires hors du Japon.

Deux Japon dans un seul taux de change

Le paradoxe est net : le même taux de change qui enrichit les exportateurs appauvrit les détenteurs d'obligations d'État japonaises et pèse sur le pouvoir d'achat des ménages importateurs d'énergie et de matières premières. La Banque du Japon se retrouve dans une position inconfortable, tiraillée entre la nécessité de défendre la devise et celle de ne pas casser la dynamique bénéficiaire des grands groupes industriels qui soutient l'indice Nikkei. Tant que cette tension ne se résout pas, les interventions de change resteront des opérations de communication autant que de politique monétaire.

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