Un ingénieur Google passe ses soirées à bricoler un fork de Bitcoin. Le 7 octobre 2011, Charlie Lee mine le bloc genesis de Litecoin et poste l'annonce sur BitcoinTalk : "Litecoin is the silver to Bitcoin's gold."
On est en 2011. Bitcoin vaut 4,27 USD. Le marché des cryptos se résume à peu de choses : Bitcoin, Namecoin, et quelques projets confidentiels. Lee ne cherche pas à remplacer Bitcoin. Il veut le compléter, le rendre plus pratique pour les petites transactions du quotidien.
Ce que Lee change concrètement
Trois modifications majeures par rapport à Bitcoin. D'abord le temps de bloc : 2,5 minutes contre 10 minutes, quatre fois plus rapide. Ensuite l'algorithme de minage : Scrypt au lieu de SHA-256, pensé pour que les GPU et CPU ordinaires puissent miner sans se faire écraser par des machines spécialisées. Enfin l'offre maximale : 84 millions de LTC, soit quatre fois les 21 millions de Bitcoin, cohérent avec la métaphore argent/or.
Lee développe tout ça pendant son temps libre, en parallèle de son poste chez Google. Pas de levée de fonds, pas de marketing. Juste un post sur un forum et un code open source.
L'argent dans l'ombre de l'or
Le lancement ne provoque aucune euphorie sur les marchés. Bitcoin perd 6,2 % le lendemain, 30,7 % sur le mois suivant. Le contexte est baissier, les exchanges dédiés aux altcoins n'existent pas encore. Litecoin s'installe discrètement.
Mais l'idée tient. Litecoin devient la référence des altcoins pendant des années, terrain de test pour des fonctionnalités avant leur déploiement sur Bitcoin. SegWit y est activé en mai 2017, des mois avant Bitcoin. Lightning Network y est testé en premier.
Aujourd'hui, avec Bitcoin à 80 186 USD, Litecoin reste dans le top 20 des cryptos par capitalisation. Ce qui ressemblait à un side project d'ingénieur a tenu treize ans. Pas mal pour un fork de soirée.