Le 5 juin 2025, Circle ouvre à 69 $ sur le NYSE. Le prix d'introduction était fixé à 31 $. À la clôture, l'action $CRCL affiche 83 $. En une journée, la valorisation s'envole bien au-delà des 5 à 9 milliards de dollars ciblés au départ.
De la paperasse SEC au parquet de Wall Street
Tout commence le 11 janvier 2024, quand Circle dépose discrètement son dossier S-1 auprès de la SEC. À ce moment, USDC pèse environ 32 milliards de dollars en circulation, soit environ 25 % du marché des stablecoins. Tether domine encore, mais Circle a un argument que son concurrent n'a pas : la conformité MiCA, obtenue en 2024, premier émetteur mondial à décrocher ce sésame européen. Les revenus d'intérêts sur les réserves dépassent 700 millions de dollars en 2023. Le dossier est solide.
Le précédent, c'est Coinbase en avril 2021 sur le Nasdaq, valorisée 85 milliards à ses débuts. Circle joue dans une autre catégorie : pas d'exchange, pas de trading, juste un stablecoin adossé au dollar et une infrastructure de paiement. Plus simple à expliquer aux analystes de Wall Street, plus facile à réguler aussi.
L'addition du jour J
Pricing à 31 $, ouverture à 69 $, clôture à 83 $. Le marché envoie un signal clair : les stablecoins ont leur place dans les portefeuilles institutionnels. Bitcoin, lui, recule légèrement ce 5 juin, de 104 746 $ la veille à 101 580 $, avant de reprendre 2,8 % dès le lendemain et 6,6 % sur le mois.
Ce n'est pas une coïncidence. La cotation de Circle normalise l'idée qu'une entreprise dont le produit principal est un dollar numérique peut être cotée aux côtés de JPMorgan et Visa. Pour les institutionnels encore hésitants, c'est une permission symbolique.
Aujourd'hui, avec Bitcoin autour de 80 000 $, le secteur traverse une phase de consolidation. Mais l'IPO Circle reste un marqueur : le jour où Wall Street a officiellement accepté qu'un stablecoin pouvait être un business coté en bourse, pas juste un outil de spéculation.