Bangkok, 28 octobre 2017. Un homme monte sur scène, micro en main, et hurle devant une salle bondée d'investisseurs crypto : « Hey hey heyyyy ! Wazaaaaa-aaaaaa-aaaaaaa Bitconneeeeect ! » Carlos Matos ne sait pas encore qu'il vient d'enregistrer le mème le plus célèbre de l'histoire des arnaques crypto.
La scène du crime
Bitconnect, c'est le projet qui fait rêver en 2017. La plateforme promet 1 % d'intérêt quotidien sur les dépôts en crypto, soit plus de 3 600 % par an. Des milliers d'investisseurs du monde entier débarquent à Bangkok pour la conférence internationale de la plateforme. L'ambiance ressemble à un croisement entre un concert de rock et un séminaire de développement personnel. Carlos Matos, promoteur dominicain, prend la parole. Il gesticule, il crie, il saute presque. La salle répond. Personne dans la pièce ne semble se demander si le modèle économique tient la route.
À ce moment, le bitcoin s'échange autour de 5 726 $. Le token BCC de Bitconnect, lui, grimpe. Les fonds engagés dans le schéma dépasseront les 2,4 milliards USD au pic.
L'addition arrive en janvier
Trois mois après Bangkok, en janvier 2018, Bitconnect ferme du jour au lendemain. Les régulateurs américains envoient des lettres de cessation. Le token BCC s'effondre de plus de 90 % en quelques heures. Des milliers d'investisseurs perdent tout.
C'est là que la vidéo de Matos ressort des archives. Le discours, passé quasi inaperçu à l'époque, devient viral. Les forums, Reddit, Twitter, YouTube, tout le monde se repasse le clip en boucle. « Hey hey heyyyy ! » devient le raccourci universel pour moquer les shitcoins sans fond et les promesses de rendements impossibles. 🤡
Matos lui-même réapparaît plus tard dans des interviews, expliquant qu'il a aussi perdu de l'argent dans l'affaire. Victime et symbole à la fois.
Aujourd'hui, à 80 186 $ le bitcoin, le bull run de 2017 ressemble à une répétition générale. Bitconnect reste l'étalon-or du Ponzi crypto, et Carlos Matos son visage involontaire. Chaque nouveau scam qui émerge ramène inévitablement son « Wazaaaaa » dans les commentaires.