Un rythme de dépôts qui n'avait pas été vu depuis 2010
Selon le rapport S&P Global publié le 13 juillet 2026, les grandes entreprises américaines ont déposé 372 dossiers de faillite au premier semestre 2026, un plus haut depuis le premier semestre 2010. C'est la quatrième hausse annuelle consécutive pour la période et le total dépasse déjà l'ensemble de l'année 2022, qui avait enregistré 317 dossiers sur douze mois. En mai comme en juin, 72 dépôts ont été comptabilisés chaque mois, soit le troisième plus haut mensuel depuis juillet 2020.
Côté secteurs, les industriels mènent avec 50 dossiers, devant la consommation discrétionnaire (35) et la santé (26). La pression est encore plus marquée chez les PME : 1 663 faillites recensées, soit une hausse de 50% sur un an. Ce sont elles qui absorbent le choc de plein fouet, exposées à des conditions de financement durcies sans les coussins de liquidités des grands groupes.
Un tri de fin de cycle, pas un krach du crédit
La divergence entre la montée des faillites et la sérénité des marchés obligataires est le fait central de ce cycle. Les écarts de crédit high yield restent serrés : l'obligataire n'a pas décroché malgré l'accélération des dépôts. Plus de 100 milliards de dollars de fonds de dette en difficulté sont positionnés, carnet de chèques ouvert, pour racheter les actifs à prix cassés. Le marché a anticipé et organisé la sélection.
L'argent cher élimine les acteurs surendettés pendant que les bilans solides tiennent. C'est le mécanisme classique de fin de cycle de taux : non pas une contagion systémique, mais un nettoyage ciblé. Le marché de prédiction Polymarket donnait, au moment du tweet, une probabilité de récession américaine d'ici fin 2026 à 13%, confirmant que les prix n'intègrent pas de scénario de rupture.
Pourquoi c'est important pour vos actifs
Deux lectures s'opposent selon les actifs. Ares Management (ARES), gestionnaire de dette privée, se retrouve en position d'acheteur naturel : ces structures encaissent la détresse qu'elles rachètent à décote et le marché de prédiction donnait une probabilité de 64% qu'ARES batte ses résultats trimestriels. À l'inverse, les banques régionales américaines (ETF KRE) portent une exposition directe aux PME et à l'immobilier commercial, précisément là où la douleur atterrit en premier. La concentration sectorielle des faillites dans l'industrie, la consommation discrétionnaire et la santé dessine les zones de risque résiduel pour les portefeuilles exposés à ces segments.












