Un fonds souverain qui ne doute pas
Cinq trimestres. C'est la durée sur laquelle Mubadala, le fonds souverain d'Abu Dhabi gérant 330 milliards de dollars d'actifs, accumule sans interruption des parts de l'ETF Bitcoin spot IBIT de BlackRock. Le filing 13F publié le 15 mai révèle une hausse de 16 % de sa position au premier trimestre 2026, portant le total à 14,7 millions d'actions valorisées 566 millions de dollars au 31 mars.
La progression est structurelle, pas opportuniste. IBIT s'installe désormais comme la deuxième plus grosse ligne du portefeuille de Mubadala, juste derrière Arm Holdings. Un fabricant de puces d'un côté, du Bitcoin de l'autre : le fonds émirati dessine clairement ses convictions sur les actifs du cycle technologique actuel.
Une exposition combinée qui franchit le milliard
Mubadala n'agit pas seul. Al Warda Investments, autre véhicule rattaché à l'Abu Dhabi Investment Council sous l'ombrelle Mubadala, déclarait 8,2 millions d'actions IBIT à fin 2025. Les deux entités réunies dépassaient donc 1 milliard de dollars d'exposition au Bitcoin via produits régulés au 31 décembre, avant même la nouvelle hausse du T1 2026.
Ce montage à deux véhicules n'est pas anodin. Il permet de diversifier les lignes de reporting tout en maintenant une exposition coordonnée, le tout via un ETF coté aux États-Unis, donc soumis à la surveillance de la SEC. En clair, Abu Dhabi mise gros sur le Bitcoin, mais uniquement par des canaux institutionnels balisés.
La question que ce mouvement pose aux autres fonds souverains, notamment européens, est directe : jusqu'à quand l'attentisme restera-t-il une stratégie crédible face à une accumulation aussi méthodique de la part d'un acteur de cette taille ?









