Points clés
- American Bitcoin détient 8 002 BTC en trésorerie à fin juin 2026, contre 7 021 BTC au 31 mars, soit une hausse de 14% en un trimestre
- La société a miné 932 BTC au deuxième trimestre, un record trimestriel, contre 817 BTC au premier trimestre
- Les satoshis par action progressent de 11% à 10 989, malgré une hausse d'environ 3% des actions en circulation
- Les revenus miniers atteignent 67 millions de dollars, pour un coût de production d'environ 36 500 dollars par BTC et une marge brute proche de 50%
- La perte nette se réduit à 57,2 millions de dollars, contre 81,8 millions au trimestre précédent
- L'action ABTC a clôturé en baisse de 6,4% vendredi, à 5,52 dollars
Un trimestre de production record, une trésorerie qui franchit le seuil symbolique
American Bitcoin, filiale majoritaire de Hut 8 co-fondée par Eric Trump, a publié ses résultats du deuxième trimestre 2026 avec un chiffre qui retient l'attention : 8 002 BTC détenus en trésorerie à fin juin, contre 7 021 BTC au 31 mars, soit une progression de 14% en un seul trimestre. La société a miné 932 BTC sur la période, un record trimestriel, selon le communiqué officiel. À titre de comparaison, le premier trimestre avait produit 817 BTC, ce qui signifie que la cadence de production a progressé de plus de 14% d'un trimestre à l'autre.
Il convient de noter que sur les 8 002 BTC détenus, environ 3 090 BTC sont donnés en garantie, un détail que le communiqué officiel mentionne explicitement. La trésorerie totale reste néanmoins le marqueur suivi par le marché et le franchissement du seuil des 8 000 BTC constitue un signal opérationnel fort pour une société dont le modèle repose précisément sur l'accumulation de bitcoin.
La métrique clé pour les actionnaires, les satoshis par action, progresse de 11% à 10 989, contre 9 943 au trimestre précédent, malgré une hausse d'environ 3% des actions en circulation. En clair : la dilution n'a pas effacé la création de valeur en bitcoin par action, ce qui reste l'argument central du modèle de trésorerie défendu par la société. Cette progression simultanée du nombre de BTC détenus et des satoshis par action illustre la cohérence interne de la stratégie d'accumulation : émettre des actions pour financer l'exploitation minière tout en maintenant une croissance nette de l'exposition bitcoin par titre.
Des revenus en hausse, une perte nette qui se réduit, mais des pertes latentes persistantes
Côté compte de résultat, les revenus miniers atteignent 67 millions de dollars au T2, contre 62,1 millions au T1, soit une hausse d'environ 8%. Le revenu par BTC miné s'établit à environ 71 900 dollars sur la période. Le coût de production s'établit à environ 36 500 dollars par BTC, quasi stable par rapport aux environ 36 200 dollars du trimestre précédent, pour une marge brute proche de 50%. Cette stabilité du coût unitaire, alors que la production augmente, témoigne d'une maîtrise opérationnelle sur la période.
La perte nette se réduit à 57,2 millions de dollars, contre 81,8 millions au T1. Cette amélioration tient principalement à la baisse des pertes latentes sur la valeur du bitcoin détenu : American Bitcoin comptabilise ses réserves à la juste valeur, ce qui expose directement ses résultats aux fluctuations du cours. Ce mécanisme comptable explique pourquoi une société qui mine à 50% de marge brute peut afficher une perte nette aussi significative. Lorsque le cours du bitcoin recule entre la date d'acquisition et la date de clôture, la variation de juste valeur vient grever le résultat net, indépendamment de la performance opérationnelle réelle.
Malgré ces chiffres opérationnels solides, l'action ABTC a clôturé en baisse de 6,4% vendredi, à 5,52 dollars. Le marché a visiblement arbitré sur la perte nette publiée plutôt que sur la progression de la trésorerie en BTC, un écart de lecture classique entre investisseurs orientés valeur comptable et ceux qui suivent la stratégie d'accumulation. Cette divergence entre la réalité opérationnelle et la réaction boursière immédiate illustre la difficulté persistante pour les sociétés minières à faire lire leurs résultats sous le prisme de l'accumulation plutôt que sous celui des normes comptables traditionnelles.














