Un ratio qui n'a presque jamais été aussi haut
Le CAPE (Cyclically Adjusted Price-to-Earnings) de Robert Shiller compare les cours boursiers actuels à dix ans de bénéfices corrigés de l'inflation. Ce lissage sur une décennie neutralise les à-coups conjoncturels et donne une lecture de valorisation de long terme. En juillet 2026, il s'établit à 41,4, selon les données compilées par multpl.com.
Depuis 1871, ce niveau n'a été dépassé qu'une seule fois : en décembre 1999, à 44,19, au sommet de la bulle internet, avant que le Nasdaq ne perde 80% de sa valeur entre son pic et son creux. L'autre référence historique marquante reste septembre 1929, où le CAPE atteignait 32,6 avant la Grande Dépression. La moyenne de long terme depuis 1871 s'établit à 17,4, soit moins de la moitié du niveau actuel.
La séquence est éloquente : en 1929, un CAPE à 32 précédait l'effondrement ; en 1999, un CAPE à 44 précédait un Nasdaq divisé par cinq ; en 2026, un CAPE à 41,4 place le marché dans une zone que l'histoire a toujours associée à des rendements futurs faibles et à des corrections sévères.
L'indicateur Buffett confirme la tension
Le second signal vient de l'indicateur dit de Buffett, qui rapporte la capitalisation boursière totale des actions américaines au PIB du pays. Il dépasse désormais 200%, un record absolu. Ce franchissement éclaire le comportement de Warren Buffett lui-même, qui a choisi de constituer une réserve de liquidités massive plutôt que de déployer ses capitaux sur un marché à ces niveaux.
Un marché cher peut effectivement le rester pendant des années : c'est la limite de tout indicateur de valorisation, qui dit peu sur le calendrier d'une correction. Ce que l'histoire enseigne en revanche, c'est que partir d'un CAPE aussi élevé a systématiquement comprimé les rendements à venir sur dix ans et amplifié la brutalité du retournement quand il est survenu.
Pourquoi c'est important pour vos actifs
- $NASDAQ▼ Baissier
- $SPY▼ Baissier
- $DIA▼ Baissier
Sens qualitatif, sans prévision de prix. Source : nos modèles de corrélation historique.
Nos modèles de corrélation historique montrent qu'une inflation plus chaude que prévu repousse l'horizon des baisses de taux, ce qui pèse généralement sur les actions, y compris les indices comme le Nasdaq, le SPY (S&P 500) et le DIA (Dow Jones) et renforce le dollar. Une inflation qui retombe joue dans l'autre sens. Sur l'or, le mécanisme est différent : c'est la hausse des taux réels, c'est-à-dire corrigés de l'inflation, qui peut faire reculer le métal, même quand l'inflation nominale monte. Dans un marché déjà valorisé à des niveaux extrêmes, ces dynamiques de taux amplifient le risque de mean reversion sur l'ensemble des actifs risqués.













