Un commando ciblé et renseigné
Le lundi 20 avril 2026, peu avant 9h, deux individus cagoulés et armés d'un pistolet automatique ont fait irruption dans un pavillon du hameau de Keruscat, à Ploudalmézeau, dans le Finistère. À l'intérieur se trouvaient une mère, ses deux jeunes enfants et les deux grands-parents de la famille.
Les trois adultes ont été entravés et maintenus au sol. Les assaillants connaissaient visiblement la situation patrimoniale de leur cible : ils ont immédiatement exigé les identifiants du wallet de la famille, sous la menace explicite d'une mutilation. La mère a cédé. Le transfert de 700 000 € en cryptomonnaies a été exécuté depuis le domicile même, en moins de trois heures.
Les braqueurs ont pris la fuite vers 12h30, après l'intervention d'un voisin, au volant d'un véhicule appartenant à la famille. Ce véhicule a été retrouvé abandonné à Brest dans la soirée.
Une enquête ouverte, aucune arrestation
La section de recherches de la gendarmerie de Rennes a été saisie, avec l'appui d'un office central spécialisé dans la criminalité organisée. Aucune interpellation n'avait été annoncée au moment des faits.
Ce braquage s'inscrit dans une tendance documentée par France Cryptos depuis plusieurs années : des attaques physiques ciblant des détenteurs de cryptomonnaies, dont le profil patrimonial a été préalablement identifié. Le niveau de préparation opérationnelle, la connaissance du wallet familial et le choix d'un pavillon isolé en zone rurale indiquent une surveillance préalable sérieuse.
La question de la sécurité des détenteurs de cryptoactifs dépasse désormais le cadre numérique. Protéger ses clés privées ne suffit plus lorsque la menace est physique et que l'extorsion se déroule en temps réel, au domicile, devant des enfants. Le débat sur la confidentialité des patrimoines numériques et les pratiques de sécurité opérationnelle des particuliers n'a jamais été aussi urgent.




